BIBLIOGRAPHIE


PRINCIPALES SOURCES


OUVRAGES INDIVIDUELS

  • BILLARD Pierre, L'âge classique du cinéma français : du cinéma parlant à la Nouvelle Vague, Flammarion, 1995, 843 p.
  • COURTADE Francis, Les malédictions du cinéma français, Paris, Alain Moreau, 1978, 411p.
  • DEBBASH Charles, Droit de l'audiovisuel, Paris Dalloz, 1995, 4ème éd., 750 p.
  • DOUIN Jean-Luc, Dictionnaire de la censure au cinéma, Paris, Presse universitaires de France, 1998, 1ère édition, 471 p.
  • FRODON Jean-Michel, L'âge moderne du cinéma français, Flammarion, 1995, 921 p.
  • GASTON -MATHE Catherine, La société française au miroir de son cinéma, Panoramique, Arléa-Corlet, 1996, 362 p.
  • JEANCOLAS Jean-Pierre, Le cinéma des français, Stock, coll. Cinéma, 1979, 478 p.
  • LEGLISE Paul, Histoire de la politique du cinéma français, Librairie générale de droit et de jurisprudence, Film-éditions, 1977, 2 vol., 579 p.
  • LENNE Gérard, Le sexe à l'écran, Henri Veyrier, 1978.
  • MAAREK Philippe J., De mai 68... aux films X, Cinéma politique et société, Dujarric, 1979, 144 p.
  • MAAREK Philippe J., La censure cinématographique, Librairies Techniques, Paris, 1982, 165 p.
  • MAAREK Philippe J., Médias et malentendus : cinéma et communication politique, Edition Edily, 1986,
  • PIVASSET Jean, Essai sur la signification politique du cinéma, Cujas, 1971, 637 p.
  • PONTIER Jean-Marie, Le droit du cinéma, P.U.F., « Que sais-je ? », 1995, 127 p.
  • PREDAL René, La société française (1914-1945) à travers le cinéma, Armand Colin, « U2 », 1972, 280 p.
  • RIVERO Jean, Libertés publiques, P.U.F., 1977, et en particulier t. 2, 379 p.
  • ROBERT Jacques, Libertés publiques, Montchrétien, 1971, 651 p.
  • ROUSSET-ROUARD, Histoire d'X, Jean-Claude Lattès, 1976, 184 p.
  • SADOUL Georges, Histoire générale du cinéma,  6 tomes, Denoël, 1975.
  • WEBER Alain, Ces films que nous ne verrons jamais, L'Harmattan, 1995, 302 p.

OUVRAGES COLLECTIFS

  • Sous la direction de Rajeev DAVAN et Christie DAVIES, Censorship and obscenity (en langue anglaise), Martin Robinson and Co., Ltd, Londres, 1978, 187 p.
  • FREMION Yves, JOUBERT Bernard, Images interdites, Editions Syros-Alternatives, Paris, 1989, 125 p.
  • MATTELART Armand et Michèle, Histoire des théories de la communication, Editions La Découverte, 1997, 128 p.
  • La censure en France à l'ère démocratique, sous la direction de Pascal ORY, Edition complexe, 1997, 345 p.
  • PONTIER Jean-Marie, RICCI Jean-Claude, BOURDON Jacques, Le droit de la culture, Dalloz, 1996, 540 p.
  • ENCYCLOPEDIA UNIVERSALIS, 1996, Tome 5, p. 855., 1002 p.

AUTRES SOURCES


OUVRAGES INDIVIDUELS

  • BARROT Olivier, L'Ecran français 1943-1953. Histoire d'un journal et d'une époque, Editeurs français réunis, 1979.
  • BERTIN-MAGHIT, Le cinéma sous l'Occupation, Olivier Orban, 1989.
  • BERTIN-MAGHIT, Le Cinéma français sous l'Occupation, P.U.F., « Que sais-je ? », n° 2803, 1994, 205 p.
  • CHIRAT Raymond, Le cinéma français des années 30, Hatier, 1983, 2 tomes, 128 p.
  • DEGAND Charles, Le cinéma cette industrie, Editions technique et économiques.
  • DURY Maxime, Censure, la prédication silencieuse, Editions Publisud, Collection Courants Universels, 19995, 325 p.
  • ERRERA Roger, Les libertés à l'abandon, Edition Le Seuil.
  • GUILLAUME-GRIMAUD Geneviève, Le cinéma du Front Populaire, Lherminier, 1986, 229p.
  • HUBERT-LACOMBE Patricia, Le cinéma dans la guerre froide, L'Harmattan, 1996, 203 p.
  • JEANCOLAS Jean-Pierre, Quinze ans d'années trente, Stock, 1983.
  • MAC LUHAN Marshall, Pour comprendre les médias, Seuil, Coll. Points, 1968, 404 p.
  • LHERBIER Marcel, Intelligence du cinématographe, Buchet/Chastel, 1946, 438 p.
  • LINDEPERG Sylvie, Les Ecrans de l'ombre. La seconde guerre mondiale dans le cinéma français (1944-1969), Ed. CNRS, 1997, 441 p.
  • NOEL Bernard, Le sens de la Sensure, Talus d'approche, 1993, rééd. 1996, 190 p.
  • NOEL Bernard, Le chateau de Cène, Gallimard, Paris, 1990, 171 p.
  • PECHA Laurent, La censure cinématographique aux Etats-Unis, Editions Dixit, Paris, 2000.
  • PHILIPS Baxter, Cut, the unseen cinema (en langue anglaise), Lorimer Publishing Ltd, Londres, 1975, 111 p.
  • RIGAUD Jacques, La culture pour vivre, Gallimard.
  • RODE Henri, Les stars du cinéma érotique, P.A.C., coll. Têtes d'Affiche, 1976, 290 p.
  • SARRIS Andrew, Politics and cinema (en langue anglaise), Columbia University Press, New York, 1978, 215 p.
  • SCHLOSBERG Léopold, Les censures cinématographiques, Publications de l'Union rationnaliste, 1955.
  • SICLIER Jacques, La France de Pétain et son cinéma, Henri Veyrier, 1981.
  • SOLIGNAC Pierre, La névrose chrétienne, Edition de Trévise.
  • STORA Benjamin, Imaginaires de guerre, La Découverte, 1997, 251 p.
  • THERY Jean-François, Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la censure, Cerf, 1990.
  • ZIMMER Christian, Cinéma et politique, Seghers, 1974, 374 p.

OUVRAGES COLLECTIFS

  • Cinéma, culture ou profit, La Nouvelle Critique, 1975, 102 p.
  • Sous la direction de GILI Jean, LAGNY Michèle, MARIE Michel, PINEL Vincent, Les vingts premières années du cinéma français, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1996.
  • Sous la direction de RIOUX Jean-Pierre, La vie culturelle sous Vichy, Complexe, 1990, 412p.
  • Sous la direction de RIOUX Jean-Pierre, La Guerre d'Algérie et les français, étude de Pascal Ory, Fayard, 1990.

REVUES

  • ALFONSI Philippe, l'éditorial « Qui baise qui ? », in TTC, n°5, Juillet 2000.
  • BALDI P., « Cinéma et télévision : la fiction aurisque de la réalité », Médiaspouvoir, n°14, avril-mai 1989, p. 74-82.
  • BESSON D., POULHES L., Le financement de la production cinématographique, Problèmes Economiques, n°2199, 14 nov. 90.
  • DARGNIES, Le cinéma à la télévision en 1988, Dossiers de l'audiovisuel n°27, sept.-oct. 89.
  • DELEUZE G., « Le monde et les images », Problèmes économiques et sociaux, n°604, 17 mars 1989, p. 58-61.
  • FREMEAUX Philippe, MESTRE A., « Le cinéma se fait-il du cinéma ? », Alternatives Economiques, n°58, juin 1988, p. 12-14.
  • Sous la direction de Guy Hennebelle, Mouny Berrah et Benjamin Stora : études de Catherine Gaston-Mathé et de Raymond Lefèvre, CinémAction, n° 85, 1997.
  • KARILA-COHEN Pierre, La censure ou la parole bâillonnée, Revue Autrement (Mutations), n° 185, p. 61.
  • LESCURE Pierre, « La télévision, ce n'est pas du cinéma », Médiaspouvoirs, n°6, mars 1987, p.59.
  • MESINIL M., « Violence et banalisation de l'image », Revue Esprit, n°146, janv. 1989, p. 109-116.
  • MONGIN Olivier, Devenir Dieu, Revue Esprit, n°144, nov. 88, p. 114-116.
  • MONTAGNE Albert, « Droit et libertés publiques : les actualités cinématographiques ont enfanté la censure du cinéma français en 1909 », in Les cahiers de la cinémathèque, n° 66, Institut Jean-Vigo, juillet 1997.
  • RAMONET Ignacio, « A l'école des justicier », Le Monde Diplomatique, n°386, mai 1986, p. 18.
  • Dossier censure, Starfix nouvelle génération, n°6, Mai/Juin 1999, p. 32-39.
  • « L'industrie française : du producteur au distributeur », Regards sur l'actualité, n°124, sept.-oct. 1986.
  • « Libertés et contraintes », Dossiers de l'audiovisuel, n°7, mai-juin 1986.
  • Revue Après-Demain, n°250, janvier 1983.
  • Première, hors-série, Spécial 20 ans, novembre 1996.
  • Première, n°245, août 1997
  • Première, n°244, juillet 1997

ARTICLES

  • Le Monde  du 13 janvier 1961, sur la réforme et le décret.
  • Le Monde : Dossiers et Documents, LEPAPE P., LACAN J.-F, LABE Y.-M., « Le rôle régulateur de l'Etat », n°160, nov. 1988, p.8.
  • Chronique de Jean-Marie PONTIER, Sur la censure, Recueil Dalloz Sirey, Editions Dalloz, n°6, 10 fév. 1994, p. 45.
  • Le Monde du 6 novembre 1999 « La violence de Fight Club discrédite la classement des films aux Etats-Unis » (Claudine Mulard) et «  De Griffith à Oliver Stone, une polémique ancienne et récurrente ».
  • Le Monde du 15 juillet 2000 « Cinéma : le retour de la censure », de J.-L. douin.
  • Le Monde du 20 octobre 2000 « Les nouveaux visages de la censure » (sur la censure écrite surtout), de Catherine Bédarida.
  • MORANGE Jean, Censure, liberté, protection de la jeunesse, RFDA 16 (6) nov.-déc. 2000, p. 1311.
  • Le Monde du 7 février 2001 « Changer le financement du cinéma », de Santiago Amigorena.
  • Le Monde des 11-12 février 2001, Courrier, l'avis des lecteurs, « L'horreur sur Cinéfaz » (une téléspectatrice outrée par la diffusion en début de soirée d'un film assez âpre ) ; et des 18-19 février, même rubrique, « Pour les films fantastiques » (un téléspectateur cinéphile se plaint de l'inaccessiblité de certains films par la télévision normale).
  • Le Monde du 13 mars 2001 « La plainte contre Oliver Stone et le studio Warner pour Tueurs-Nés est rejetée », de Claudine Mulard.

AUTRES PUBLICATIONS (sur la censure, la persécution, la propagande...)

  • BENNASSAR Bartolomé (dir.), L'Inquisition espagnole, XVè-XIXè siècles, Hachette, 1979.
  • CONSTANT Benjamin, De l'esprit de conquête et de l'usurpation, GF. Flammarion, 1986.
  • KUNDERA M., Le livre du rire et de l'oubli (1978), Gallimard, « Folio », 1985.
  • LE GOFF Jacques, Les Intellectuels au Moyen-Age, Le Seuil, 1957, rééd. « Points », 1985.
  • MANGUEL Alberto, Une histoire de la lecture, Actes Sud, 1998, essai trad. de l'anglais par Christine Le Boeuf.
  • MOORE R.-I., La Persécution : sa formation en Europe (X-XIIIème siècle), trad. de l'anglais par Catherine Malamoud, 10-18, 1997.
  • NETZ Robert, Histoire de la censure dans l'édition, P.U.F., « Que sais-je ? », 1997.
  • WIND Edgar, Art et anarchie (1963), Gallimard, 1988.
  • Censures. De la Bible aux larmes d'Eros, éditions du centre Georges Pompidou, 1987.
  • Autodafé, la revue du Parlement international des écrivains, n°1, Denoël, octobre 2000, 271 p.

ANNEXES


Annexe 1 : Entretien avec Ignacio Ramonet

L'interview qui suit est une interview particulière, puisque « surprise ». D'où une nécessaire introduction. En effet, venu faire une conférence au cinéma opéra à la l'occasion du film Freaks (Tod Browning, 1931) le 8 avril dernier, Ignacio Ramonet, directeur du Monde Diplomatique au demeurant, en profite pour faire une dédicace de son nouvel ouvrage, Propagandes silencieuses, masses télévision et cinéma. Ce rassemblement a lieu à la librairie A plus d'un titre, rue de la Platière.

Ci-dessous, est retranscrit ladite interview. Les questions, pourtant intéressante et pertinente à mon goût, semblent le laisser assez froid, tout embourbé qu'il est dans les propagandes silencieuses, et ses réponses comme vous pourrez en juger n'ont d'égales que celles qu'auraient pu donner un Clint Eastwood, les réponses étant souvent plus courtes que les questions. C'est toujours çà. D'autant, il faut bien le rappeler, que je l'alpague quand même pendant sa dédicace, et que c'est l'avis du directeur du Monde Diplomatique. En attendant les deux réal de baise-moi...

Lionel Trélis : D'après vous, quels sont les rapports de la censure au champ politique, économique et culturel ?

Ignacio Ramonet : ben hein, c'est-à-dire que tous ces champs établissent le degré de censure. Pendant très longtemps on a plutôt fait attention à la censure politique alors qu'aujourd'hui c'est plutôt la censure économique, c'est ce qui est dominant.

Existe-t-il un lien entre censure et propagande (sont-elles complémentaires, vases communiquants) ?

C'est un petit peu l'inverse si vous voulez, c'est, comment dirais-je, le convexe et le concave. la propagande...

C'est des vases communiquants en fait...

Si vous voulez. Je dirais la propagande c'est le convexe, c'est ce qu'on essaie d'introduire dans les esprits...

C'est le viol des foules (n.d.l.r titre de l'ouvrage tchakounine cf ciné censure et propagande)

Voilà, c'est le viol des foules ;c'est ce qu'on essaie d'introduire dans les esprits pour les changer, et la censure c'est ce qu'on ne veut pas que çà rentre dans l'esprit pour que çà ne change pas. Ce sont deux faces d'une même monnaie qui est un peu la manipulation des esprits. On manipule les esprits par la propagande et par la censure. Wels... euh non Orwell l'a très bien expliqué dans 1984.

Etes vous d'accord sur le fait que la censure est parfois liée à la psychanalyse, en ce sens qu'elle est l'évocation d'un « Surmoi collectif », constitué à la fois de fantasme et de refoulement ?

Oui si vous voulez....c'est le viol des foules.

Est-ce que l'Etat doit intervenir dans la culture ?

Personnellement oui, je pense que oui. Pas pour censurer mais au contraire pour créer les conditions qui permettent aux créateurs d'être protéger du tout marché.

Considérez vous que la censure, auj, provienne plus des spectateurs, des censeurs institutionnels ou des associations/lobbies ?

Je pense qu'aujourd'hui en terme de cinéma il n'y a pratiquement pas de censure.

Aujourd'hui oui, mais par la passé, jusqu'aux années soixante...

Historiquement, par le passé, il y a eu beaucoup de censure, bien sûr, notamment des codes, mais aujourd'hui pratiquement y'en a pas.

Oui, certes, mais sûr la période des années 30 aux années 70...

Cà dépend. Si vous voulez. Aux Etats-Unis, j'en parle dans le livre, vous avez les groupes de pression, notamment des ligues puritaines puisqu'il n'y a jamais eu de censure, et donc les producteurs se sont donnés un code d'autocensure, ce qu'on a appelé le code Hays. En Europe, la censure était d'Etat. C'était une censure, euh, c'est-à-dire au nom de principes moraux, presque toujours, moins sur des principes politiques. Mais bien sûr y'en a eu aussi. Pendant la guerre d'Algérie, en France.

A votre avis, quel est l'âge de la majorité cinématographique ;18 ans, 16 ans ?

16 ans, c'est bien

Je vais vous faire part de deux citations, l'une de Flaubert : la censure « on a beau dire c'est utile » ; l'autre d'un journaliste de starfix : « la connerie des uns n'est-elle pas + dangereuse que la censure des autres ». Qu'en pensez-vous ?

Bien écoutez, je trouve qu'elles sont frappées au coin du bon sens, hein toutes les deux finalement (rires) ...Mais le problème c'est qu'il faut étudier au cas par cas.

- Oui mais bon, la censure utile, on peut en douter quand même...

Eh bien si vous voulez aujourd'hui, si on nous disait bon voilà y'a un film...je ne sais pas, qui fait l'apologie des thèses nazies, je crois qu'à ce moment là beaucoup de gens qui sont en général contre la censure, en terme de moeurs, et bien seraient pour que ce type de discours soit censuré. De fait c'est censuré d'ailleurs, vous ne pouvez pas montrer des films de nazis (Riegenstahl ?)...

C'est un peu extrême. Mais en même temps, justement, le spectateur est suffisamment responsable, pour voir pour choisir...

Le problème c'est que...çà fait débat çà.

La régulation elle peut se faire par là aussi

Oui.

Si quelqu'un fait un film nazi ultra-violent, voire avec des relents pornographiques, bon il n'aura un grand public...

Oui, alors vous avez l'attitude américaine qui consiste à dire on ne peut pas au nom du Premier Amendement de la Constitution : on peut pas censurer, la liberté d'expression s'impose à tout, rien n'est censuré. Et donc la censure est économique parce que le marché ne l'accepte pas, en tant que produit, et vous avez l'attitude française qui est une attitude de réglementation.

Peut-on censurer l'art à partir d'un système de valeurs donné alors que l'art est un vecteur de changement des mentalités ? Y'a un paradoxe là, comment vous voyez çà ?

Moi je crois qu'il ne faut pas censurer l'art.

Quelles limites fixeriez vous à ce qui est montrable ? ce qui vous répugne ?

Pour moi, il n'y a pas de limites, tout est montrable.

Pensez vous que le cinéma soit influent sur le comportement et la pensée des gens ?

Oui.

Mais donc çà, çà justifierait la censure.

Non.

( ? ? !) Non parce que cet argument est utilisé par les censeurs, notamment pour Tueurs-Nés

Oui oui, enfin moi je pense que non, comme vous le disiez tout à l'heure, qu'il faut laisser le spectateur, la maturité aux spectateurs. Faut se mettre d'accord sur un certain nombre de sujets qui sont beaucoup plus délicats, mais pour le reste...

La censure ou le contrôle est-elle selon vous un prétexte et un moyen d'entretenir l'ignorance, de contenir la réflexion et d'endiguer la diversité ?

Oui.

A propos de diversité, exposez-nous votre vision de l'ère de l'entertainmment, les multiplexes ou plus généralement l'impérialisme culturel...

Ce que j'essaie de dire dans le livre c'est que on se défend mieux, si vous voulez, contre un discours qui nous agresse, c'est-à-dire contre la propagande, et caetera..., dure, que contre un discours qui nous séduit et qui nous sourit. Voilà, et donc la propagande, disons mielleuse, douce, silencieuse et caetera, elle est plus perfide que la propagande dure qui dit, voilà « enrôlez-vous dans l'armée », « devenez membres de tel parti »...

En même temps, on entend souvent ce qu'on veut bien entendre...

Euh...(un bref temps) La propagande la plus efficace, c'est celle qu'on n'entend pas ; et qui parle à notre inconscient.

Ne constate-t-on pas un déclin de la provocation à l'écran ?

Oui oui, bien sûr.

N'est ce pas lié à l'autocensure, croissante depuis les mid 80's ?

Oui. Moi je pense que c'est lié à la censure du marché.

En même temps, n'y a-t-il pas surestimation de l'art (et du ciné) en tant que ferment révolutionnaire ou au moins source de troubles ? Vous ne pensez pas qu'on en fait un peu trop quand on focalise sur l'art, sur un film...

Oui, à mon avis oui, un peu trop.

Quels sont les ruses et les moyens de contourner la censure ?

Eh bien des milliers. L'histoire de l'art et l'histoire de l'expression est pleine de ruses par rapport à la censure. Notamment dans les dictatures. Il suffit d'étudier comment Bunuel s'est exprimé, comment Fellini s'est exprimé sous le fascisme, comment les auteurs soviétiques se sont exprimés sous le stalinisme, et cetera, et on voit bien que malgré toutes les censures on peut toujours s'exprimer.

Merci beaucoup de votre patience et de votre intérêt.

Merci.

Une poignée de mains par dessus la petite table en bois carrée, et tout était dit. J'aurais voulu lui poser quelques questions en sus, plus le centrer sur son sujet de prédilection. Qu'importe. Je me sentais d'attaque pour les apprenties chiennes de garde, mais les voies du journalisme sont impénétrables. Leur interview ne s'est pas concrétisée. Baise-moi, Baise-moi pas.


Annexe 2 : CHRONOLOGIE

1907 : Première manifestation mondiale de la censure. Le 4 novembre, une ordonnance du conseil municipal de Chicago charge le chef de la police de visionner préalablement tous les films et d'interdire l'exploitation dans la ville de ceux qu'il juge « obscènes et immoraux ». Premier film touché : la danse de la serpentine.

11.01.1909 : N'ayant pas réussi à empêcher une équipe des actualités cinématographiques de filmer une quadruple exécution capitale qui avait lieu à Béthunes, le ministre de l'Intérieur donne à tous les préfets, par une circulaire télégraphique, la consigne d'interdire la projection du film dans leurs départements.

3.05.1913 : Une note confidentielle du ministère de l'Intérieur interdit toute représentation d'uniformes allemands sur une scène de théâtre ou sur un écran de cinéma.

1915 : Le minsitre de la Guerre, Alexandre Millerand, crée le Service Photographique et cinématographique.

16.01.1916 : Un arrêté du ministre de l'Intérieur établit la première commission de censure (préalable donc) au niveau national, composée de de fonctionnaires du ministère de l'Intérieur et de la préfecture de police.

1917 : Nouvelle commission de censure composée de membres de la préfecture de police, d'officiers et de personnalités relevant des Beaux-Arts et des Affaires Etrangères.

1926 : Le Cuirassé Potemkine, de Sergueï M. Eisenstein, est interdit. Il le restera 27 ans.

18.02.1928 : Décret Herriot, qui penche vers une libéralisation : parité, avis conforme. Il affranchit la commission de l'omnipotence gouvernementale.

7.05.1936 : un décret casse la parité et supprime les représentants de la profession dans la commission. L'avis conforme n'est plus obligatoire.

1939 : création du Code de la famille, d'où découle une réglementation d'accès des mineurs aux salles.

26.10.1940 : article 1 et 2, qui seront repris dans le Code de l'industrie cinématographique en ses art. 14 et 15., soumet l'exercice de l'activité cinématographique à une autorisation et une carte d'identité professionnelle.

9.09.1940 : une ordonnance interdit aux maires et aux préfets de censurer des films autorisés par l'Occupant.

3.07.1945 : l'ordonnance 45-1472 reveient au régime instauré par le décret de 1928.

3.04.1955 : cette loi, durant la guerre d'Algérie, autorise les autorités à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse, du cinéma, de  la radio et du théâtre.

10.10.1959 : un décret ajoute l'interdiction aux moins de 18 ans.

18.01.1961 : le décret n°61-62 supprime la parité et l'avis conforme obligatoire. La censure est plus que jamais à la solde discrétionnaire de l'éxécutif.

30.12.1975 : le loi du 30 décembre, surnommée Loi X, surtaxe ghettoïse la pornographie à l'écran, que le décret du 31 octobre avait libéralisée.

10.06.1977 : A la suite d'une croisade de partisans d'une censure plus sévère (dont les Scouts de France et la Confédération des associations familiales et catholiques) ayant porté plainte auprès du Procuruer de la République contre la diffusion de L'essayeuse de Serge Korber, la cour d'appel de Paris confirme le jugement rendu par la17è Chambre correctionnelle de Paris et condamne le film aux flammes du purgatoire. C'est le seul film à avoir connu un tel sort depuis l'Occupation nazie.

23.02.1990 : le décret n°90-174 modifie le contrôle des films. L'accent est désormais mis sur la classification. La composition de la commission est remaniée et regroupe divers collèges. Une des principales limites de ce décret réside dans l'obligation pour un film interdit aux moins de 18 ans de figurer dans la liste des films X.

26.06.2000 : Sortie dans les salles de Baise-Moi, de Virginie Despentes et Coralie Thrin Thi, interdit aux moins de 16 ans avec avertissement.

30.06.2000 : Par son arrêt de section « Association Promouvoir et autres », le Conseil d'Etat a contrôlé la décision du ministre de la Culture (qui avait autorisé l'interdiction aux moins de 16 ans) et considère que ledit film relève bel et bien de la catégorie des films pornographiques. Dès lors, le film est iXé et retiré des salles « normales » (et ipso facto des salles tout court).

Paris, le 3 juillet 2000,

Atteinte à la liberté d'expression : le Conseil d'Etat censure ' Baise-moi '

Le Conseil d'Etat vient, de fait, de censurer le film ' Baise-moi ' en rangeant celui-ci dans la catégorie des films à caractère pornographique.

Cette décision infirme un avis de la commission chargée de délivrer les visas d'exploitation.

A la demande de quelques individus et d'une organisation qui ne représentent qu'eux-mêmes, le Conseil d'Etat a cru devoir se transformer en régisseur d'un ordre moral inacceptable.

La décision du Conseil d'Etat constitue une atteinte à la liberté d'expression et de création que la LDH condamne.

Elle demande à Mme la Ministre de la Culture de prendre toutes dispositions nécessaires pour permettre une exploitation normale du film de Mmes Despentes et Trinh-Thi.

Ligue des Droits de l'Homme * 27, rue Jean Dolent * 75014 Paris * France

Tél. 01 44 08 87 29 * Télécopie 01 45 35 23 20 * Email: ldh@wanadoo.fr


Annexe 3 : De quelques images issues des films censurés

1907 : La danse de la Serpentine

Commençons par un exemple américain : même s'il n'est pas directement relié à notre objet, il nous paraît très intéressant dans la mesure où il s'agit de la première manifestation de la censure. Deux séries de bandes blanches sont rajoutées pour masquer les trémoussements frénétiques de la danseuse.

Documents non communiqués

1935 : Extase

La commission ordonne la coupure des quelques séquences compremant les plans suivants et montrant pour la première fois un acte sexuel. Mais il ne s'agit pas ici de hard-core. L'action est suggérée par les plans sur le visage extasié de la jeune femme et d'un plan métaphorique sur une fleur en éclosion.

Documents non communiqués

1934 : Les actualités cinématographiques et l'assassinat du roi Alexandre Ier.

Les images témoignent nettement de l'inefficacité du service d'ordre alors que, place de la Bourse, l'assassin franchit sans difficultés des barrages policiers dispersés, qu'il saute d'un pas athlétique sur la marche-pied de la voiture royale roulant au pas et qu'il tire sans être inquiété.

Documents non communiqués

1977 : L'essayeuse

Quelques images de ce film condamné pour l'exemple à l'incinérateur.

Documents non communiqués


Annexe 4 : Quelques Affiches censurées et/ou polémiques

Documents non communiqués


Annexe 5 : Ordonnance du 3 juillet 1945

Documents non communiqués


Annexe 6 : Le décret du 18 janvier 1961

Documents non communiqués


Annexe 7 : Art. 11, 12 et 18 de la « Loi X »


Annexe 8 : Le décret du 23 février 1990


Annexe 9 : Arrêt du CE à propos de Baise-moi


Annexe 10 : Liste des films prohibés depuis 1945 jusqu'à 1982

Liste empruntée à Philippe J. Maarek (1982). En effet, nos recherches quant à l'existence de cette liste réactualisée sont restées vaines, tant auprès du CNC que du Registre Public de la Cinématographie. Cette liste est donc donnée à titre indicatif.

Documents non communiqué


Annexe 11 : Evolution du nombre de visas délivrés et des mesures prononcées (1990-2000)

Source : CNC

Annexe 12 : Liste des oeuvres anciennes réexaminées par la commission

Source : CNC

MORCEAUX CHOISIS

« J'appelle un chat et un censeur un con. »
Maurice Betty (image et son, avril-mai 1961)

« La forme bâtarde de la culture de masse est la répétition honteuse : on répète les contenus, les schèmes idéologiques, le gommage des contradictions, mais on varie les formes superficielles : toujours des livres, des émissions, des films nouveaux, des faits divers, mais toujours le même sens. »
Roland Barthes

« Le cinéma ? Un inquiétant retour à la barbarie. »
René Doumic (en 1925)

« La censure est une arme à de si nombreux tranchants que ceux qui la tiennent s'y coupent éternellement les doigts. »
Rochefort

« Le cinéma, c'est de la sous-crotte de bique. »
Paul Souday

« Qui ne sait que les loups douceureux,
De tous les loups sont les plus dangereux ? »
Charles Perrault

« Après tout, on a la censure qu'on mérite »
Entendu au café du Commerce

« La pornographie est à la liberté d'expression ce que l'anarchie est à la liberté. Elle peut corrompre une société et une civilisation »
Richard Nixon

« L'ancienne censure voulait rendre l'adversaire inoffensif en le privant de se moyens d'expression ; la nouvelle - que j'ai appelé sensure - vide l'expression pour la rendre inoffensive, démarche beaucoup plus radicale et moins visible.»
Bernard Noël

« La censure est destructrice de l'art et de la liberté. Elle est bien peu utile pour l'ordre. »
Alexandre Dumas


INDEX DES FILMS CITES

L'arrivée du train en gare de la Ciotat, les Frères Lumières, 1895

L'arrière train sifflera trois fois

L'attentat, Yves Boisset

A bout de souffle, Jean-Luc Godard

A cause d'un assassinat

Adieu Philippine

Une affaire de femmes, Claude Chabrol, 1988

L'affaire Seznec,Alain Cayette

Afrique 50

L'Age d'or, Luis Bunuel, 1931

Algérie année zéro, Marceline Loridan

Algérie en flammes, René Vatier.

L'agression, Franck Cassenti

Les amants

L'amant de Lady Chatterley

A mort l'arbitre, Jean-Pierre Mocky

Anthologie du plaisir

Aphrodite

L'argent

Asphalte

Assassin(s), Mathieu Kassovitz

L'atalante, Jean Vigo, 1934

L'autrichienne, Pierre Granier-Defferre

Les avaleuses

Avant le déluge, Alain Cayatte

L'aveu, Constantin Costa-Gavras

Ave Maria, Jacques Richard

L'aventure est au coin de la rue, Jean-Daniel Normand

Les aventures de Pinocchio, 197

La baie du désir, Max Pécas

Le baillon

Bain de foutre

Baise-moi, Virginie Despentes et Coralie Thrin Thi, 2000

Bananes mécaniques, Jean-François Davy

La bande à Bonnot

La bande à l'auto grise

Le bandeau

La Banque Nemo, Marguerite Viel

Barbarella, Roger Vadim, 1968

Basic Instinct, Paul Verhoeven, 1991

La bataille d'Alger, Gilles Pontecorvo

Béatrice devant le désir

Bel-Ami, Louis Daquin

La belle vie

La bête, Walerian Borowczyk, 1973

La Bête humaine, Jean Renoir

Birth of a nation (naissance d'une nation), D. W. Griffiths, 1915

Blanche, Walerian Borowczyk, 1972

Le blé en herbe

Bloody Mamma, Roger Corman

Blow up, Michelangelo Antonioni, 1967

Bonnie and Clyde, Arthur Penn, 1967

La bonzesse, José Bénazeraf, 1974

Le bordel ou la maison des confidences, José Bénazeraf, 1975

Borsalino and Co

Boyz'n the hood

La bride sur le cou, Roger Vadim, 1961

Carambolages

120 rue de la gare

Certaines chattes n'aiment pas le mou

C'est arrivé près de chez vous, Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde, 1992

Le chagrin et la pitié, Marcel Ophuls, 1969

La chair

Chamanka

Le chant des fleurs

Change pas de main, Paul Vecchiali, 1975

Chantons sous l'Occupation, André Halimi

La chatte sur un doigt brûlant

Les chevaliers du démon, Robert Baker et Monty Berman, 1961

Chronique d'un été, Jean Rouch, 1961

Chucky, la poupée de sang, John Lafia, 1990

La chute de Berlin, Mixail Ciaureli

Cinq filles en furie, Max Pécas

58/2B, Guy Chalon, 1958

La classe ouvrière va au paradis, Elio Petri, 1972

Club 13

Le combat dans l'ïle, Alain Cavalier, 1961

La comtesse aux pieds nus, Joseph L. Mankiewicz, 1951

Un Condé, Yves Boisset, 1971

Contes immoraux, Walerian Borowczyk, 1975

Le corbeau, Henri-Georges Clouzot, 1942

Corps sans voiles, Harrisson Marks, 1964

Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole

Les cousins

Le crime de Monsieur Lange

Le crime ne paie pas, Gérard Oury, 1961

Crise

Croquemitaine, Alfred Macchard

Cuba Si, Chris Marker, 1961

Cuirassé Potemkine, Sergueï M. Eisenstein, 1927

Ces dames aux chapeaux verts, Maurice Cloche

Danmark : a new approach, 1967

Dans les eaux glacées

De bruit et de fureur, Jean-Claude Brisseau

Dédée d'Anvers

Deep Throat (gorge profonde), 1971

Délivrance, John Boorman, 1972

Demain l'amour, Paul Carpita

Les dents de la mer (Jaws), Steven Spielberg, 1975

Le dernier amant romantique

Le dernier tango à Paris, Bernardo Bertolluci, 1972

La dernière tentation du Christ, Martin Scorsese, 1988

Le déserteur

Le désirable et le sublime

Dettes de guerre

Deuxième bureau contre Kommandantur, René Jayet et Robert Bibal, 1939

2000 Maniacs

Les deux timides

Le diable au corps

Dimanche à la campagne, Bertrand Tavernier, 1987

Dirty Harry (l'inspecteur Harry), Don Siegel, 1971

Les Dix Commandements, Cecil B. De Mille

Django, Sergio Corbucci, 1966

Dobermann, Jan Kounen, 1997

Easy Rider, Dennis Hopper, 1968

Elridge Cleaver Black Panther, William Klein, 1970

Emmanuelle, Just Jaeckin, 1974

Emmanuelle 2, Francis Giacobetti, 1976

L'empire des sens, Nagisha Oshima, 1976

En amour çà va çà vient

L'enfer des anges

L'enfer des zombies, Lucio Fulci, 1979

L'ennemi commun des peuples, 1965

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Elio Petri, 1970-72

L'équipage, Maurice Tourneur, 1928, p. 126. L'essayeuse, Serge Korber, 1977

Espoir

Et Dieu créa la femme, Roger Vadim, 1956

L'exécution, Maurice Cazeneuve, 1961

Exhibition, Jean-François Davy, 1975

Exhibition 2, Jean-François Davy, 1977

L'exorciste, William Friedkin, 1973

Extase, Gustav Machaty, 1933

Eyes Wide Shut, Stanley Kubrick, 1999

Fantomas, Louis Feuillade, 1915

La femme à abattre, Raoul Walsh

La femme du boulanger

Le feu dans la peau

Fight Club, David Fincher, 1999

La fille du puisatier, Marcel Pagnol

Flesh, Andy Wahrol

Les forces de la raison et de la paix renforceront la victoire, 1961

Frayeurs, Lucio Fulci, 1980

French Connection, William Friedkin, 1972

F.T.A., Francine Parker, 1972

La garçonne

Girls

Goodbye Emmanuelle

Le grand patron

La grande bouffe, Marco Ferreri, 1973

La grande épreuve, Jean Duges, 1928

La Grande Illusion, Jean Renoir, 1937

Les guerriers de la nuit (The Warriors), Walter Hill, 1979

Gwendoline

La Haine, Mathieu Kassovitz, 1995

Harcèlement, Barry Levinson, 1995

Heat, Andy Wahorl

Histoire d'A, Charles Belmont et Mariette Issartel, 1973

Histoire d'O, Just Jaeckin, 1975

Hitler, connais pas, Bertrand Blier, 1963

L'homme du large

Les hommes du président (all the president's men), Alan J. Pakula, 1976

L'homme que nous aimons le plus

Les honneurs de la guerre, Jean Dewever, 1961

La horde sauvage (the wild bunch), Sam Peckinpah, 1969

Hôtel du Nord

Il faut sauver le soldat Ryan, Steven Spielberg, 1998

Il n'y a pas de fumée sans feu, André Cayette, 1971

The Immoral Mister Teas, Russ Meyer, 1959

Les inconnus dans la maison

Indenpendence Day, Roland Emmerich, 1996

Indiana Jones, Steven Spielberg, 1981

Indomptable Angélique

Insoumis

J'accuse

J'ai huit ans, Yann et Olga Le Masson et René Vatier, 1960

Jack l'éventreur, Robert Baker et Monty Berman, 1961

Jennifer mon amour

Je vous salue Marie, Jean-Luc Godard, 1985

J'irai cracher sur vos tombes, 1959

Joe Caligula, José Benazeraf, 1968

Joli mai,Chris Marker

Les jouisseuses

Le jour se lève

Juge Fayard dit le shériff, Yves Boisset, 1978

Jules et Jim, François Truffaut, 1961

Le justicier dans la ville, 1974

Justin de Marseille, Maurice Tourneur, 1933

La jument verte, Claude Autant-Lara, 1959

La kermesse héroïque

Larry Flint, Milos Forman, 1996

Les liaisons dangereuses, Roger Vadim, 1960

Li-Hang le cruel

La liste de Schindler, Steven Spielberg, 1993

La loi du désir, Pedro Almodovar

Loulou

Macadam Cowboy, John Schlesinger, 1969

Maciste contre les monstres, Guido Malatesta

Madame Bovary, Jean Renoir, 1933

Madame Claude, 1977

Mad Max, Georges Miller, 1980

La maison du maltais

Maîtresse, Brabet Schroeder

La maman et la putain

Maniac, William Lustig

Manon, Henri-Georges Clouzot

Mariage de chiffon, Claude Autant-Lara, 1941

Mariage inattendu

La mariée est trop belle

La marque du diable (hexen), Michael Armstrong, 1970

Le masque aux dents blanches, 1916

Massacre à la tronçonneuse (Texas Chainsaw Massacre), Tobe Hooper, 1976

The May Irwin-John Rice Kiss, 1896

Menace II Society

Men in Black, Barry Sonnenfeld, 1997

La meilleure façon de marcher, Claude Miller, 1980

Le miracle, Roberto Rosselini, 1952

Miss O'Gynie et ses hommes fleurs

Mission Impossible II, John Woo, 2000

Mister Freedom, William Klein, 1968

M le maudit, Fritz Lang, 1931

Monika, Ingmar Bergman

Monsieur Languignon lampiste

Monsieur Personne

Moranbong, Jean-Claude Bonnardot

Mort en fraude, (projet)

Mourir d'aimer, André Cayatte

Muriel, Alain Resnais

Mystères d'une âme

Nadia la femme traquée, Claude Orval, 1939

Une nation, l'Algérie, René Vatier

La neige était sale, Luis Saslavsky

New-York 1997, John Carpenter, 1981

Nitchevo, Jacques de Baroncelli

Les noces rouges, Claude Chabrol

No greater glory, 1935

Les nouveaux Messieurs

Les nuits de Chicago

La nuit de la grande chaleur (night of the big heat), Terence Fisher, 1967

Nuit et brouillard, Alain Resnais, 1955

Les nuits fauves, Cyril Collard, 1992

La nuit merveilleuse

Numéro 2, Jean-Luc Godard, 1975

L'objecteur, Claude Autant-Lara, 1959

Octobre

Octobre à Paris, Jacques Panijel, 1961

Les oiseaux (the birds), Alfred Hitchcock, 1963

Les 11 000 Verges, Eric Lipmann, 1975

L'opération Cocotte

Orange mécanique (the clockwork orange), Stanley Kubrick, 1971

Les otages

Paix sur le Rhin, Jean Choux, 1936

Une parisienne

La Parrain, Francis Ford Coppola, 1971

Pas de vacances pour le bon Dieu

Patrouille de choc/Patrouille sans espoir, Claude Bernrd-Aubert

Peau de pêche

Pédale Douce, Gabriel Aghion, 1996

Pendant la bataille

Le père Noël est une ordure, Jean-Marie Poiré, 1982

Péril en la demeure, Michel Deville, 1985

Pétain, Jean Marbeuf, 1993

Le petit soldat, Jean-Luc Godard, 196

Les petites saintes se touchent/y touchent, Michel Lemoine

La petite sirène, 1980

Phantasmes/Phantasmes Pornographiques, Jean Rollin, 1975

Pierrot le fou, Jean-Luc Godard, 1965

Philadelphie, 1993

Pontcarral, colonel d'Empire, Jean Delannoy, 1942

La porte du large, Marcel L'Herbier, 1936

Prenez la queue comme tout le monde, Jean-François Davy, 1975

Prêt-à-porter, Robert Altman, 1995

Le prêteur sur gages, Sydney Lumet, 1965

La prise de pouvoir par Philippe Pétain

Prison sans barreaux, Léonide Monguy, 1938

Les prisonniers allemands de la bataille de la Somme

Prosper ou la vie de château, Jean Delannoy

Psychedelissimo, Christian Mesnil, 1968

Le pull-over rouge, Michel Drach, 1979

Pulp Fiction, Quentin Tarantino, 1993

Les pulpeuses

Quai des brumes, Marcel Carné, 1938

Querelle, R. W. Fassbinder, 1983

Question ordinaire, Claude Miller

La rage au corps

Raï, Thomas Gilou, 1995

Rambo II, Georges Pan Cosmatos, 1986

Réfugié, Pierre Clément

Les réfugiés, Pierre Clément

Les régates de San Fransisco, Claude Autant-Lara, 1959

La Religieuse, Jacques Rivette, 1966

Rendez-vous de juillet, Jacques Becker

Le rendez-vous des quais, Paul Carpita, 1960

Le rescapé, Okacha Touita

Reservoir Dogs, Quentin Tarantino, 1991

Un Revenant, Christian Jaque

Révolté, Léon Mathot

Revue du nième colonial passée par le colonel Joffre

Riz Amer, Giuseppe de Santis, 1961

Rollerball, Norman Jewison, 1975

Roman d'un spahi, Michel Bernheim, 1935

Roméo et Juliette, Franco Zefirelli, 1968

Le rosier de Madame Husson

Rue sans joie

Les saisons du plaisir, Jean-Pierre Mocky

Sakiet Sidi Youcef, Pierre Clément

Salo ou les 120 journées de Sodome, Pier Paolo Pasolini, 1975

Salomé

SA Mann Brand

Scarface, Brian De Palma, 1983

Scarface, Howards Hawks, 1931

Scary Movie, Les frères Mayans, 2000

Scream, Wes Craven, 1996

Secteur postal 89.098, Philippe Durand, 1959

Le serment, Mixail Ciaureli

Serpentine Dance (la danse de la Serpentine), 1906

Seul contre tous, Gaspar Noé, 1999

Le sexe qui parle, Frédéric Lansac, 1975

Sick

Sidi Brahim, Marc Didier, 1939

La soif du mal, Orson Welles, 1958

Sommes-nous défendus ?, Jean Loubignac, 1938

Le souffle au coeur, Louis Malle

Starship Troopers, Paul Verhoeven, 1997

Les statues meurent aussi, Alain Resnais, 1955

La sultane de l'amour

Sweet Movie, Dusan Makavejev, 1974

Taxi Driver, Martin Scorsese, 1975

Taxi, Gérard Pirès, 1998

Taxi 2, Gérard Krawzick, 2000

Tempête sur l'Asie

Tendres cousines, David Hamilton, 1981

La tentation du barbizon

Tenue de soirée, Bertrand Blier, 1986

Terre d'angoisse

Thelma et Louise, Ridley Scott, 1991

Thérèse, AlainCavalier

The Thing, John Carpenter, 1981

Thriller, en grym film, Alex Fridolinski

Le tigre se parfume à la dynamite, Claude Chabrol, 1963

Topaze, Marcel Pagnol, 1952

La tragédie de la rue

Le Train, John Frankenheimer

Un tramway nommé désir, Elia Kazan, 1952

Trash, Paul Morrissey

Tremblement de terre (Earthquake), Mark Robson, 1974

37°2 le matin, Jean-Jacques Beinex, 1987

Trio Infernal, Francis Girod

Les tripes au soleil, Claude Bernard-Aubert

Trois de Saint-Cyr, Jean-Paul Paulin, 1937

Trois jeunes filles nues, 1933

Trois pages d'un journal, Pabst

Tueurs-Nés (Natural Born Killers), Oliver Stone, 1994

Une de la légion, Christian Jaque, 1936

Les vampires, Louis Feuillade, 1916

Veille d'armes, 1935

La Vénus aveugle, 1940

Verdun, visions d'histoire, Léon Poirier, 1928

Le village du péché

La vie amoureuse de Jésus-Christ, Jorgen Thorsen, 1973

La vie est belle en chantant

La vie de plaisir

Les vierges, Jean-Pierre Mocky, 1962

Viridiana, Luis Bunuel, 1961

Les Visiteurs, Jean-Marie Poiré, 1992

Le vieux fusil, Robert Enrico, 1975

Viva la muerte, Arrabal, 1971

Vivre sa vie, Jean-Luc Godard, 1962

Vixen, Russ Meyer, 1969

Voyage sans espoir

White Heat, Raoul Walsh, 1949

W.R. ou les mystères de l'organisme, Dusan Makavejer, 1971

Y'a-t-il un français dans la salle, Jean-Pierre Mocky

Z, Constantin Costa-Gavras, 1969

Zéro de conduite, Jean Vigo, 1933

Zombie, George Romero, 1979

Un zoo la nuit, Jean Claude Lauzon


Résumé

De et sous toutes obédiences politiques, la censure cinématographique s'est manifestée, passant d'une ostantation forte et institutionnalisée à une loi de l'interdit et du politiquement correct. A chaque époque sa censure. Elle consiste en tout contrôle d'une autorité publique ou privée disposant d'un pouvoir direct/indirect et discrétionnaire d'interdiction sans aucun contrôle démocratique de sa décision. La censure peut revêtir une forme larvée ou insidieuse sous l'apparence d'un contrôle anodin.

Les spécificités du cinématographe, qui est un médium « chaud » impliquent une évolution originale des notions d'interdit à l'écran et de protection du spectateur. Aussi constate-t-on le déclin progressif mais tardif et relatif de la légitimation de la censure : on passe de la peur de l' « obscurité malsaine » à l'émergence d'une certaine liberté d'expression cinématographique. C'est l'acheminement vers la mort de la censure « archaïque ».

Les thèmes à risque, la censure militaire etc... rendent le lien infime entre censure et propagande, qui sont les deux face d'une même médaille consistant à violer les foules, ce qui dénote une tendance à l'abrutissement et à l'instrumentalisation de la censure contre la réflexion.

L'évolution récente confirme la mutation en une censure qui ne dit pas son nom et laisse poindre une conclusion pathétique à notre démonstration.

De la censure politique à la censure économique, et de la censure économique à une pseudo-libéralisation, le Salut passe par une responsabilisation tant du spectateur que du créateur.


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