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ANNEXES


Annexe 1 : Biographie de Mao Tse-tung tiré de l'ouvrage de Jean-Luc Domenach et Philippe Richer, La Chine (cité en bibliographie)

L'originalité de la carrière de Mao Tse-tung tient particulièrement au contraste entre ses deux grandes périodes : « Mao Tse-tung a été le Lénine de la révolution chinoise avant de s'essayer maladroitement à en devenir le Staline. » (Lucien Bianco)

Mao ne s'impose qu'assez tardivement à la tête du mouvement communiste chinois. Né dans une famille de paysans riches du Hunan, diplômé d'une école primaire en 1918, c'est d'abord un intellectuel nationaliste assez obscur qui, comme beaucoup d'autres, évolue vers les idées marxistes. S'il participe à la fondation du PCC en 1921, sa personne est éclipsée par celles, plus brillantes, qui conduisent la stratégie de front uni avec le Guomindang sur les conseils soviétiques . Sa situation ne change qu'à partir de 1927, quand il oppose à la stratégie urbaine et putschiste que Moscou s'obstine à préconiser, une autre stratégie, militaire et paysanne, et quand la base rouge qu'il constitue au Jiangxi avec Zhu De accueille les cadres chassés des villes et démontre, malgré les difficultés, que le « pouvoir rouge » peut survivre (1927-1934). Son accession à la tête du PCC, au début de la Longue Marche (janvier 1935), marque la victoire de la stratégie qu'il préconisait, une stratégie à la fois plus réaliste et plus autonome, qu'il appliquera grâce à une pléiade de compagnons fidèles : Liu Shaoqi, Chou Enlai, Peng Dehuai, Chen Yun, Lin Piao.

Désormais, la carrière de Mao Tse-tung se confond largement avec l'histoire de la révolution communiste en Chine. Jusqu'en 1949, cette histoire démontre la justesse des thèses de Mao sur la lutte armée dans les campagnes-il est vrai que l'entrée en guerre du Japon, puis la Seconde Guerre mondiale fournissent à cette stratégie les conditions d'application nécessaires. À l'intérieur du Parti, Mao consolide son pouvoir en éliminant ses rivaux et en se donnant une stature de théoricien. En 1954, le VIIe Congrès du PCC entérine officiellement sa prééminence et de sa « pensée » la loi du communisme chinois. Mais en fait, plus que le théoricien, c'est le stratège politico-militaire qui aura conduit le communisme chinois à la victoire en 1949.

Le paradoxe est que Mao sera beaucoup moins à l'aise dans l'exercice que dans la conquête du pouvoir. Après 1949, la gloire, le culte même dont Mao s'entoure seront inversement proportionnels à l'efficacité de son action. Par réalisme ou par conviction, il laisse dans un premier temps des hommes comme Liu Shaoqi, Chou Enlai ou Chen Yun construire la nouvelle Chine sur le modèle soviétique : Mao, lui, guère compétent en matière économique, est plus intéressé par les grandes mobilisations politiques et par le statut international de la Chine. Mais dès 1955, il s'impatiente et impose à ses collègues une accélération du rythme de la socialisation qui implique en fait une distanciation croissante par rapport au modèle soviétique ; Cette impatience précipite la Chine dans un conflit avec l'URSS qui s'avérera dangereux et dans un cycle de crises toutes caractérisées par la succession de coups de butoir, d'échecs et de consolidations droitières : « premier bond en avant » (1955-1956), « Grand bond en avant » (1957-1962), révolution culturelle (1966-1971). De plus en plus l'impatience maoïste se nourrit de la conscience du danger à la fois politique et idéologique constitué par les collègues de plus en plus réservés devant ce qui apparaît de façon croissante comme une utopie. Au fil des années, l'homme à considérablement changé : au chef de guérilla calme et modeste des années 30 a succédé un tyran vieillissant, entouré de coteries qui s'entre-déchirent, manipulé même parfois par Jiang Qing, sa femme, une ancienne actrice. L'échec décisif est celui de la révolution culturelle : si Mao parvient à se débarrasser des anciens rivaux, il doit interrompre l'insurrection des gardes rouges et livrer le pays à la tutelle de l'armée ; l'utopie bruyante de 1966 se dissout dans les luttes de factions. Après avoir éliminé Lin Piao, le chef de l 'armée (1971), Mao joue un jeu habile mais politiquement incohérent entre Chou Enlai et son entourage gauchiste. Le retour à l'ordre, la relance de la production et l'ouverture diplomatique sur l'occident ont permis de sauver l'essentiel. Mais quand il meurt, le 9 septembre 1976, il laisse un pays appauvri, un peuple désillusionné et un parti divisé.

Mao Tse-tung a fondé la chine communiste. Il a assuré son indépendance et élevé son statut international. Mais il a échoué dans l'entreprise qui lui tenait le plus à coeur : la transition vers le communisme. On comprend que, dans l'esprit de ses successeurs, et d'abord de Den Xiaoping, il apparaisse bien difficile de présenter une version officielle d'une carrière contrastée. Car si l'on exalte le génie stratégique du fondateur, ne risque-t-on pas de dédouaner les erreurs idéologiques du démiurge ? Mais si l'on fait silence sur Mao, on risque de délégitimer progressivement le communisme en Chine. À ce dilemme il n'est pas de réponse sûre. En fait, l'image officielle de Mao Tse-tung n'a cessé de varier, au gré de la conjoncture, entre deux refus : le refus de la continuation et le refus de la démaoïsation. Dans la population, la peur et la haine ont été progressivement remplacées par l'oubli et, parfois, une certaine nostalgie.


Annexe 2 : Carte

Carte de la République Populaire de Chine


Annexe 3

L'offensive diplomatique américaine et le conflit vietnamien

Source : Le Monde, 4 janvier 1966, p. 2

La situation dans les Pays socialistes

Source : Le Monde, 7 juin 1966, p. 3

Le conflit vietnamien et la situation en Chine

Source : Le Monde, 28-29 août 1966

Les mystères des gardes rouges

Source : Une, mercredi 2 novembre 1966

Les questions asiatiques et le conflit vietnamien

Source : Le Monde, 5 décembre 1967, p. 3

Le IXe Congrès du PC Chinois

Source : Le Monde, 3 avril 1969

La troisième révolution

Source : Le Monde, jeudi 9 février 1967

La tension Sino-Soviétique et les événements de Chine Populaire

Source : Le Monde, 9 février 1967, p. 2

'La création des comités...'

Source : Alain Bouc, 8 septembre 1968

Un nouveau bond

Source : Le Monde, dimanche 28 - lundi 29 août 1966

Une tempête organisée

Source : Le Monde, mercredi 11 janvier 1967

La révolution et ses désordres

Source : Le Monde, 15 août 1967

Le deuxième communisme

Source : Le Monde, 3 avril 1969

La révolution culturelle chinoise a préfiguré sur certains points les événements français

Source : Le Monde, 6 juin 1968

La révolution culturelle chinoise

Source : Robert Guillain, 6 juin 1968

Répartition par âge des lecteurs du Monde entre 1958 et 1969

Source : Enquêtes du centre d'études des supports de publicité. Le Monde, « Informations publicitaires », janvier 1971, n°69

Tirage et diffusion du Monde depuis sa création

Source : J.N. Jeanneney, J. Julliard, Le Monde de Beuve-Méry

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