Sources


Sources imprimées


Documents internationaux

Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, UNESCO, novembre 1972.

Orientation devant guider la mise en oeuvre de la convention du patrimoine mondial, UNESCO, Comité intergouvernemental pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, Centre du patrimoine mondial, mars 1999.

Convention concernant la protection mondial, Format pour la soumission de rapports périodiques sur l'application de la Convention du patrimoine mondial, UNESCO 1999.

Chartes ICOMOS, Documentation du Centre, UNESCO-ICOMOS.

Rapport du Comité du Patrimoine Mondial, Vingt-deuxième session, Kyoto - Japon, 30 novembre - 5 décembre 1998.

Rapport du Comité du Patrimoine Mondial, Vingt-troisième session, Marrakech - Maroc, 29 novembre - 4 décembre 1999.

Dossiers de proposition d'inscription du Site Historique de Lyon, Ville de Lyon - Etat français, juillet 1997.


Documents nationaux

L'inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Ministère de la Culture et de la Francophonie, Direction du Patrimoine, novembre 1994.

Exemplaire de la Convention Ville - Etat, Villes d'Art, Ministère de la Culture et de la Francophonie, 1975.

Exemplaire de la Convention Ville - Etat, Villes et Pays d'Art et d'Histoire, Ministère de la Culture et de la Francophonie, 1995.

Convention Etat - Ville de Lyon, Rénovation du Musée Gadagne et Inventaire du patrimoine de la Ville de Lyon, 8 décembre 1998.


Documents locaux

Millénaire 3, Une agglomération compétitive et rassemblée - 21 priorités pour le 21ème siècle, Mission « Prospective et stratégie d'agglomération », Grand Lyon, 2000.

Le Guide Millénaire 3, des lieux favorisant les initiatives et la vie des idées dans l'agglomération lyonnaise, Mission « Prospective et stratégie d'agglomération », Grand Lyon, 2000.

La Gouvernance, Les cahiers Millénaires 3, n° 9, Grand Lyon Prospective, juin 1998.

Citoyenneté et insertion, Les cahiers Millénaires 3, n° 8, Grand Lyon Prospective, juin 1998.

Mission Site Historique, Les rendez-vous du patrimoine, Guide pour l'action, Ville de Lyon et Communauté urbaine, 2001.

Le Site Historique de Lyon au patrimoine mondial de l'UNESCO, Revue de Presse chronologique novembre 96 - décembre 98, Agence d'urbanisme, Documentation, 1998.

Appel d'offres Communication et développement de l'image de Lyon, suite à l'inscription au patrimoine mondial de l'Humanité, Ville de Lyon - ADERLY - Office du Tourisme, 18 novembre 1999.

Campagne « Lyon patrimoine de l'Humanité » - Récapitulatif des actions menées de mars à fin décembre 2000, Service de la Communication, Ville de Lyon, Premier trimestre 2001.

Campagne « Lyon patrimoine de l'Humanité » - Retombées de presse années 2000 - International (Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, USA), Service de la Communication, Ville de Lyon, Premier trimestre 2001.

Campagne « Lyon patrimoine de l'Humanité » - Retombées de presse années 2000 - France, Service de la Communication, Ville de Lyon, Premier trimestre 2001.

Colloque « Villes du Patrimoine Mondial Habitants et Touristes : pour un développement durable », Douzièmes entretiens Jacques Cartier, Lyon, 6-7-8 décembre 1999.

Lyon Cité, Le magazine de la Ville de Lyon, Ville de Lyon, n° 60, juin 2001.

Sondage Ipsos, Synthèse du groupe qualitatif « bilan d'image » du 14 juin 1999, Etude n° 1312194.

Sondage Ipsos, Bilan d'image de la ville de Lyon, phase quantitative, dossier suivi par François de Sars.

Enquête de notoriété Ipsos, Enquête auprès de la clientèle touristique de Lyon, Rapport d'étude, 18 novembre 1999, n° 1512173, Office du tourisme de Lyon.

Le journal de la Renaissance du Vieux Lyon, Le Site Historique de Lyon, Patrimoine mondial de l'humanité, supplément du n° 102, mai 1999

Le journal de la Renaissance du Vieux Lyon, n° 106, juillet 2000.

Le journal de la Renaissance du Vieux Lyon, n° 105, mars 2000.

Centre Presqu'île Lyon, CIL Presqu'île, n° 25, 1999-2000.

Centre Presqu'île Lyon, CIL Presqu'île, n° 26, 2000-2001.


Sites web

http://www.unesco.org

http://www.ovpm.org

http://www.mairie-lyon.fr

http://www.millenaire3.com

http://www.culture.gouv.fr / http://www.culture.gouv.fr


Sources orales

Intitulé du poste ou de la fonction Date et durée Numéro de l'entretien Conditions de l'entretien et observations
Président du comité Lyon Presqu'ile 19 décembre 2000
1h 15
1 Lieu de travail
Responsable Mission Site Historique de la ville de Lyon 11 janvier 2001
1h 15
2 Lieu de travail
Régis Neyret 18 janvier 2001
2h 00
3 Domicile
Conservateur - Service de l'Inventaire Général DRAC 02 février 2001
1h 30
4 Lieu de travail
Urbaniste - Agence d'urbanisme de Lyon 05 février 2001
2 h 00
5 Lieu de travail
Adjoint à la communication - Ville de Lyon 09 février 2001
1 h 30
6 Lieu de travail
Représentant UNESCO 13 février 2001
1 h
7 Lieu de travail
ICOMOS 14 février 2001
1 h
8 Lieu de travail
Représentante de la DAPA - Ministère de la Culture 20 février 2001
45 min
9 Entretien téléphonique
association lyonnaise,. 22 février 2001
45 min
10 Entretien téléphonique
Service Urbanisme du Grand Lyon 25 février 2001
1 h
11 Entretien téléphonique
Collaborateur de l'adjoint au Rayonnement International 25 février 2001
45 min
12 Lieu de travail
Militante RVL 9 avril 2001
1 h 30
13 Bureau RVL
Directeur général de l'Office du Tourisme Lyonnais 18 avril 2001
1 h
14 Lieu de travail
Conservateur du Musée Gadagne 18 mai 2001
1 h
15 Lieu de travail
Habitant du Vieux Lyon 20 mai 2001
45 min
16 Domicile
Responsable du Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine - Rhône-Alpes. 30 mai 2001
45 min
17 Entretien téléphonique
Gérant de l'entreprise Navig Inter 13 juin 2001
1 h
18 Lieu de travail
Responsable de la section Valorisation du patrimoine - service Action culturelle - DRAC Rhône-Alpes. 15 juin 2001
2 h 15
19 Lieu de travail


Bibliographie


Ouvrages généraux 

Amzert M. (Dir.), Du cadre de vie à l'espace public - Les paradoxes des jeux de l'échange entre associations d'habitants et élus locaux. CIL/UCIL dans l'agglomération lyonnaise, Rives-ENTPE, mars 2000.

Audrerie Dominique, Souchier Raphaël, Villar Luc, Le patrimoine mondial, Que sais-je ?, Presses Universitaires de France, nov.1998, 127 p.

Béghain Patrice, Le patrimoine : culture et lien social, Presses de Sciences Po, La bibliothèque du citoyen, 1998, 115 p.

Borja Jordi, Castells Manuel, Local and Global - Managment of cities in the information age, Earthscan, 1997, 277 p.

Cobb R.W., Elder C.D., Participation in American Politics : The Dynamics of Agenda-Building, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1972.

Dubois Vincent, (Dir.) Politiques locales et enjeux culturels. Les clochers d'une querelle XIXe - XXe siècles, La Documentation Française, 1998, 456 p.

Dubois Vincent, Institutions et politiques culturelles locales : éléments pour une recherche socio-historique, Paris, Comité d'histoire du ministère de la culture - La Documentation Française, 1996, 70 p.

Friedberg E., Le pouvoir et la règle, Paris, Seuil, 1993.

Grange Daniel J., Poulot Dominique, (Dir.) L'esprit des lieux - le patrimoine et la cité, La pierre et l'écrit, Presses Universitaires de Grenoble, avril 1997, 476 p.

Grémion Pierre, Le pouvoir périphérique, bureaucrates et notables dans le système politique français, Paris, Seuil, 1976, 472 p.

Jouve Bernard, Le territoire, à la rencontre du global, de l'Etat et du local, Rapport déposé en vue de l'obtention de l'Habilitation à Diriger des Recherches, 2000, 191 p.

Jouve B., Lefèvre C., « Villes, métropoles : les nouveaux territoires du politiques », in B. Jouve, C. Lefèvre (sous la direction de), Villes, métropoles : les nouveaux territoires du politique, Paris, Anthropos, p. 9-44.

Judd Dennis R., Fainstein Susan, The tourist city, Yale Press University, 1999, 340 p.

March J., Olsen J., Rediscovering Institutions : The organisational basis of Politics, Mac Milan, New York, 1989.

Mény Yves, Thoenig Jean-Claude, Politiques publiques, Paris, Presses Universitaires de France, 1989, 391p.

Moulinier Pierre, Les politiques publiques de la culture en France, Que sais-je ?, Presses Universitaires de France, février 1999, 128 p.

Muller Pierre et Surel Yves, L'analyse des politiques publiques, Paris, Montchrestien (Clés), 1998, 153 p.

Rhodes R.A.W., Marsh D., « Les réseaux d'action publique en Grande-Bretagne », in Le Galès, M. Thatcher (sous la direction de), Les réseaux de politique publique. Débat autour des policy networks, Paris, L'Harmattan, 1995, p. 31-68.

Saez Guy, « Les politiques de la culture », Traité de science politique, Madeleine Grawitz, Jean Leca, Paris, PUF, Tome 4, 1985, p.387-422.

Protection du patrimoine historique et esthétique de la France, Législation et recommandation, Editions du Journal Officiel, 1997, Paris, 811p.


Articles

Dubois Vincent, « Les collectivités locales, la culture et l'international », L'Observatoire, automne 1996, n°12, p.12-15.

Duran Patrice, Theonig Jean-Claude, « L'Etat et la gestion politique territoriale », Revue française de Science Politique, vol.46, n°4, p. 580-623.

Hall P.A., Taylor R.C.R., La Science politique et les trois néo-institutionnalismes, Revue française de science politique, vol. 47, n°3-4, juin-août 1997, p. 469-496.

Haas P., « Introduction. Epistemic Communities and International Policy Co-ordination », International Organization, vol. 49, 1992, n°1, p. 1-35.

Le Galès Patrick, « Du gouvernement des villes à la gouvernance urbaine », Revue française de Science Politique, 1, février 1995, p. 57-95.


Sur Lyon
Ouvrages

Cartier Johnny, Lumières sur la ville, ENTPE ALEAS, 1998, 130 p.

Neyret Régis, Chavent Luc, Le patrimoine mondial, atout de développement, 1992.

Neyret Régis, Lyon le Site Historique, 1999.

Renaissance du Vieux Lyon, RVL 50 ans 1946 - 1996, 1996.

Renaissance du Vieux Lyon, Lyon, un site, une cité, le livre su Site Historique, patrimoine mondial de l'UNESCO, juin 2000.


Mémoires 

Cheval Annabelle, Sur le Site Historique de Lyon inscrit au patrimoine mondial. La ville de Lyon et le conseil général du Rhône : deux stratégies de communication complémentaires, mémoire de fin d'études, IEP Lyon 2, 2000.

Lambelet Audrey, Décembre 1998 : l'inscription du Site Historique de Lyon au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO - Lyon, ville d'actualité, ses secrets cachés, quelle découverte !, Mémoire de Science Politique, Lyon 3, septembre 2000.


Annexes


Piemmediù

« La nouvelle n'est pas réjouissante : l'UNESCO, organisme collatéral des Nations Unies, aurait l'intention de déclarer Naples « patrimoine mondial de l'humanité ». Une si pompeuse qualification (Patr. Mond. Del. Um., piemmediù pour les intimes) me paraît dépourvue de sens : ou bien on est déjà un patrimoine et ce depuis longtemps, ou bien il n'y a rien à faire et il n'y a pas de proclamations qui tiennent. L'humanité ne se laisse pas refiler des patrimoine sans nécessité absolue, elle n'est pas avide mais dissipatrice et elle a volontiers envoyé au diable des civilisations toutes entières, peuples, religions, langues et leurs capitales, bourgs, faubourgs et agglomérations voisines. Ou bien Naples, ce que je crois, a déjà pénétré dans les yeux et les ventricules du monde, ou bien ce ne sera pas le tiède honneur d'un tampon ONU qui l'y fera entrer.

(...)

Face à la perspective de la reconnaissance internationale, les titulaires des biens de la ville bombent le torse. Le professeur Marotta de l'Institut d'études philosophiques tient l'initiative pour « juste ». Juste ? Une ville qui est là depuis des milliers d'années, ébranlée par les tremblements de terre, fertilisée par les cendres des éruptions, fondée par la plus grande civilisation de la Méditerranée, capitale de royaumes, devrait se flatter de la « juste » improvisation de reconnaissance de la part d'une sorte de WWF des Nations-Unies ? C'est le contraire qui est vrai : Naples n'a pas encore reconnu l'ONU et ne se laisse pas conter fleurette par des inconnus. Je ne suis pas curieux de savoir en quoi consiste ce titre, s'il rapportera quelques pourboires ou fera seulement flotter une autre étoffe de couleur sur la piazza Municipo, mais je ne crois pas que ce « piemmediù » puisse servir à Naples de laisser-passer pour des pélerins-charters. Naples n'est pas une ville pour touristes. Je le regrette un peu pour l'industrie hôtelière, mais c'est ainsi et je m'en félicite sincèrement avec mon lieu d'origine. En ville, les touristes se vendent au poids. On a dépouillé des contingents entiers de marins américains en permission et au retour précipité. Naples, unique au monde, a réussi à se donner le voyageur mimétique, hardi et irréductible qui se dissimule dans ses rues sans appareil ciné-photo-vol-à-la-tire-graphique, qui visite les monuments à la dérobée en faisant semblant de lacer un de ses souliers, lorgnant furtivement ses merveilleuses entrailles. C'est le voyageur discret, noble souche sélectionnée sur le lieu, inexistant ailleurs, passionné et doué d'un subtil regard panoramique.

C'est ma ville d'origine, vieille reine hilarante et effrayante avec le même visage et rien qu'un très léger changement de sourcil. A l'UNESCO je recommande Milan, ville qui a besoin de compréhension, patrimoine mondial de la magistrature. »

Extrait de Rez-de-chaussée, Erri De Luca, Rivage poche / Petite bibliothèque, 1996, 108p.


Notice méthodologique

L'étude que nous avons souhaitée mener implique des questionnements et des observations de nature différente. La procédure d'inscription impose de considérer les cadres national et international dans lesquels la démarche prend place : enquêtes auprès des institutions internationales concernées. Comprendre les éventuelles transformations de l'action publique locale nécessite également l'observation de la situation précédente, des comportements des acteurs locaux pendant l'élaboration de la procédure, leurs réactions face aux contextes stratégiques nationaux et internationaux. Nous avons donc également enquêté sur le terrain local (élus, collectivités locales, associations, acteurs économiques, étatiques...). En outre, le caractère récent de l'inscription lyonnaise et l'élaboration progressive d'une politique territoriale liée au patrimoine urbain jouent sur notre approche du terrain. Nous avons ainsi préparé de manière approfondie chacun des entretiens de façon à limiter les réserves de nos interlocuteurs.

La ville de Lyon est entrée depuis la fin des années quatre-vingt dans une logique d'internationalisation et dans un souci d'organisation et de réflexion citoyenne à travers la démarche Millénaire 3. L'inscription sur la Liste du patrimoine mondial est aujourd'hui l'action dont l'influence sur cette démarche est la plus importante. Nous avons donc choisi de nous intéresser aux mobilisations locales et aux impacts de la reconnaissance de l'UNESCO sur les mécanismes du jeu entre Etat, élus et société civile. Le patrimoine concerne les services étatiques - « ceux qui savent » -, les élus locaux - « ceux qui décident et gèrent » - et également la population - « ceux qui en jouissent ». La procédure permet alors d'être au coeur des préoccupations de « réflexions citoyennes » et de nouvelles conditions d'action publique souhaitée par Lyon. La ville a connu, dans les années soixante des batailles urbanistiques très virulentes et présente, depuis lors, un tissu associatif très mobilisé sur le thème du patrimoine. Les trois types d'acteurs ci-dessus nommés sont donc bien représentés : la situation nous a donc semblé intéressante à analyser. Nous avons ainsi enquêté auprès des trois catégories d'acteurs au plan local.

Pour mener à bien ce travail, nous nous sommes appuyés sur deux modes d'investigation. La démarche internationale structurée par l'UNESCO et le thème du patrimoine réglementé en France par l'Etat, notre première étape consistait en l'exploitation des documents existants. Pour comprendre la logique des évolutions et des différences entre conceptions du patrimoine, nous avons analyser des textes réglementaires, notamment liés aux secteurs d'intervention de la Culture et de l'Urbanisme, puis les textes de la Convention de 1972 - UNESCO. La compréhension du processus de gestion du label UNESCO impliquait la consultation de documents issus de la Ville de Lyon et de la Communauté urbaine. Enfin, nous avons pris connaissance progressivement de la conception des acteurs associatifs à travers leurs propres publications locales. Cette étape s'est accompagnée d'une lecture et analyse soignées d'articles de journaux (locaux, régionaux et nationaux) afin d'essayer de mettre à jour les divergences de perceptions de la procédure, ainsi que de travaux de recherche déjà réalisée sur l'inscription lyonnaise (notamment dans les domaines de la communication, l'architecture...).

Cette première étape est alors complétée par dix-neuf entretiens auprès d'acteurs diversement concernés : des institutionnels internationaux, nationaux et locaux, des représentants des secteurs de la Culture, de l'Urbanisme et du Tourisme, des associatifs, des acteurs économiques... Nous avons également pu assister à un Comité Consultatif d'Urbanisme sur le thème «  L'art et la ville dans l'agglomération lyonnaise - Que peut l'art, que peut la ville ? ». Ceci nous a alors permis d'observer « de l'intérieur » le fonctionnement de démarches participatives à Lyon.

Nous avons donc essayé de multiplier les types de sources et les niveaux d'informations pour approfondir le plus possible les discours de nos interlocuteurs. Ce souci nous est apparu d'autant plus important que le dispositif de gestion du label UNESCO est aujourd'hui encore en cours d'élaboration, les récits et témoignages que nous avons pu recueillir doivent donc être analyser à la lumière de cette construction.

Cependant, l'actualité du sujet entraîne également deux types de difficultés. En premier lieu, la production d'informations sur le thème du patrimoine est très importante et complique son analyse : nous avons donc, tant que faire se pouvait, trié et hiérarchisé ces données. Nous avons ainsi tenu compte de la provenance et des circonstances de la parution des différents documents. Ceci est en particulier vrai lorsqu'il s'agit d'articles de presse : leurs auteurs sont d'une certaine manière partie prenante des mécanismes de jeu entre acteurs locaux - la présence d'un ancien journaliste au coeur de la procédure accroît davantage encore ce phénomène. Le recueil d'informations auprès des acteurs, notamment locaux est, en second lieu, rendu difficile par l'actualité de la procédure et de ses effets et usages. Ces derniers sont en effet porteurs d'enjeux importants pour la majeure partie des enquêtés. Afin de recueillir une information qui soit la plus fiable et la plus exploitable possible, nous avons eu recours à des entretiens semi-directifs. La principale difficulté que nous ayons rencontrée réside dans l'impossibilité d'enquêter auprès d'acteurs qu'il aurait été nécessaire d'interroger. Ce refus est lié pour partie à la campagne municipale.

Nous souhaitons également revenir sur notre situation d'observateur. Une approche en termes d'analyse des politiques publiques d'un sujet ainsi lié à différents secteur d'intervention publique en étant ingénieur des Travaux Publics de l'Etat présente des avantages et des inconvénients. Nous connaissions ainsi relativement bien le fonctionnement et les prérogatives des services étatiques en urbanisme et nous pouvions avoir un accès plus aisé auprès des acteurs institutionnels par cette fonction. Cependant, nous n'avions qu'une connaissance très limitée de l'approche culturelle du patrimoine. Nous nous sommes ainsi présentés selon les enquêtés, comme Ingénieur des Travaux Publics ou non.


Sigles et abréviations utilisés

ABF : Architecte des Bâtiments de France.

ADERLY : Association pour le Développement Economique de la Région Lyonnaise.

CCI : Chambre de Commerce et de l'industrie.

CNMHS : Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites

DRAC : Direction Régionale des Affaires Culturelles.

ICCROM : Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels.

ICOMOS : Conseil international des monuments et des sites.

OTL : Office du Tourisme de Lyon.

OVPM : Organisation des Villes du Patrimoine Mondial.

POS : Plan d'occupation des sols.

RVL : Renaissance du Vieux Lyon.

UCIL : Union des comités d'intérêts locaux.

UNESCO : Organisation des Nations-Unies pour l'éducation, la science et la culture.

ZPPAUP : zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager.


Exemples d'entretiens

Régis Neyret - Président Patrimoine Rhônalpin, ancien président RVL, chargé de mission auprès de D. Trouxe de 1995 à 1999.

En 1992, vous aviez déjà écrit un article qui portait sur « Lyon, patrimoine mondial ? », depuis quand militez-vous en faveur de cette inscription ?

Je travaillais dans le milieu de la presse, plus particulièrement de la presse locale, périodique et régionale et donc bien entendu, on connaît très vite l'environnement. Cela permet d'avoir une influence utile. Je m'intéressais aux problématiques du patrimoine. En 1959, j'ai commencé à militer avec une bande de copains pour la renaissance du Vieux-Lyon. Personne n'imaginait que ce quartier et certaines habitations pouvaient être intéressants et donc avec des copains, nous nous sommes mobilisés pour bloquer le projet de boulevard urbain.

En 1962, Malraux a fait passer une loi pour créer les secteurs sauvegardés et en 1964, le Vieux-Lyon a été le premier secteur sauvegardé. On a fait bloquer la destruction d'une partie du Vieux-Lyon. C'est bien joli de faire bloquer une destruction, mais il faut bien faire quelque chose. En France, tout passe par Paris. Or à l'époque, le Marais n'avait pas encore pris conscience de son existence. Mais en Province, il y avait Avignon (qui se battait contre la destruction des remparts), Lyon, Annecy, Fribourg.... Nous étions un certain nombre à être les précurseurs de batailles qui se sont développées par la suite, ; c'est à dire à partir du moment où Paris a commencé à s'intéresser aux richesses du quartier du Marais. C'est alors devenu une bataille nationale. Chacun sait que, en France, tant qu'une affaire n'est pas passée par Paris, elle n'existe pas. C'est un peu l'origine.

Et il se trouve que moi, je me suis passionné à travers ma formation, mon métier pour la valorisation du patrimoine. C'était donc l'une de mes préoccupations de journaliste, de patron de journal... j'ai écrit des papiers à partir de 1975 pour partir en guerre contre la destruction de la grande Côte [sur les Pentes de la Croix-Rousse] que le même maire voulait détruire. En 1987, on m'a demandé de changer de métier, j'avais 60 ans et j'ai trouvé génial de pouvoir changer ainsi de métier : on me proposait de devenir responsable de la restauration de la Halle Tony Garnier à Lyon.

Dans quel cadre étiez-vous responsable ?

J'étais para-municipal : la ville de Lyon a créé une association pour restaurer la Halle, ce qu'elle a fait en direct. J'avais le titre pompeux de « délégué général » de la Halle Tony Garnier. J'ai travaillé avec un architecte parisien assez génial, très sensibilisés par la restauration. J'étais un peu le « maître Jacques » à la fois de la restauration et de ce qu'on allait pouvoir faire, de l'utilisation de cette Halle. Chose originale, la ville a restauré sans savoir ce qu'elle allait en faire ; elle a pris la décision de restaurer parce que des gens avaient une certaine sensibilité et se sont dit que c'était idiot de laisser s'effondrer ce bâtiment. Louis Pradel voulait démolir ce bâtiment. Or il avait été classé monument historique par Paris d'office, donc le maire n'était pas dans le coup. Il fallait donc en faire quelque chose et moi j'ai été chargé de ce problème.

Ensuite en 1990 - 1991, j'ai été chargé de piloter un programme pour la ville de Lyon, mais jamais fonctionnaire, toujours chargé de missions pour la création d'une ZPPAUP [Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager] sur les pentes de la Croix-Rousse.

Tout ceci entrait dans un truc un peu global qui était la valorisation du patrimoine lyonnais. Je pense que ces actions restaient parcellaires, qui se passent dans une ville et j'avais un dada depuis longtemps : à Lyon, il n'y avait aucune organisation municipale pour s'occuper du patrimoine. J'ai écrit quelques papiers, notamment un où je disais : « heureux marseillais, heureux grenoblois et malheureux lyonnais » pour dire qu'à Lyon, personne ne s'occupait du patrimoine.

Le problème de Lyon, c'est que jusqu'en 1995, il y avait à la ville un service des domaines, c'est le service qui s'occupe des propriétés de la ville. M. Noir l'avait appelé service du patrimoine. Ce qu'on appelait patrimoine à Lyon, c'était les propriétés : églises, salles de sport, théâtre, appartement du secrétaire général, les toilettes publics : c'est le patrimoine au sens des biens, pas au sens patrimoine culturel, patrimoine de l'UNESCO. Le patrimoine n'a jamais été spécifié et il a fallu attendre le début de R. Barre pour que dans les services de la ville, dans le service culturel, il y ait un attaché spécial patrimoine qui s'occupe des musées.

Quand R. Barre est arrivé, il n'est pas arrivé seul. Certains avaient les mêmes idées que moi et notamment un garçon dont l'influence est un peu occulte : un élu J. Moulinier, qui était adjoint de l'urbanisme avant M. Noir, ensuite il y a eu H. Chabert. J. Moulinier est maintenant chargé des nouvelles technologies, mais il a convaincu R. Barre qu'il fallait donner à son adjoint à la culture, le titre d'adjoint à la culture et au patrimoine, c'est à dire qu'il a repris un de mes dada. En 1995, c'est D. Trouxe qui prend le poste et à l'époque (je le connaissais depuis assez longtemps) j'étais disponible. Il m'a alors demandé d'être son chargé de mission au patrimoine. Donc j'ai eu une espèce de fonction officieuse, non rémunérée auprès de D. Trouxe pour suivre les problèmes du patrimoine ; tellement officieuse que lorsqu'on m'écrivait R. Neyret à l'hôtel de ville, les lettres repartaient. En même temps, cette mission m'a mis au bon endroit, au bon moment et il s'est agit de réfléchir à une politique spécifiquement de valorisation du patrimoine au sens patrimoine culturel. Avec D. Trouxe, nous avons bâti un espèce de plan dans lequel il y avait quatre points principaux que R. Barre a repris :

Volet pour faire un plan global avec l'Etat pour la restauration des monuments historiques cassés, un projet pour lancer avec l'aide de l'Etat une restauration du musée Gadagne, un projet qui n'est pas allé au bout mais qui pourrait y aller, de restauration d'une maison du Vieux-Lyon, la maison du Chamarier (vide et qui appartient à la ville ; elle pourrait servir de centre d'accueil pour les touristes) et la proposition à l'UNESCO de classer le Vieux-Lyon et à cette époque je pensais uniquement au Vieux-Lyon. Et cette idée à beaucoup plu à R. Barre pour une raison simple, c'est que c'était une institution internationale et s'il y a une chose que R. Barre a apporté à Lyon, c'est ce sens de l'international, cette liaison avec les autres Je pense que c'était nécessaire pour Lyon.

Donc M. Barre nous dit « ok, allez-y, c'est une bonne idée, je connais bien M. Mayor » qui était directeur de l'UNESCO. Ce dossier ne pouvait se lancer que s'il avait l'accord de la ville en sachant que ce n'est pas la ville qui fait la demande, c'est l'Etat. Il fallait que la ville convainc le ministère de la Culture de présenter un dossier pour Lyon. Ca s'est bien passé, parce que le ministre de l'époque s'appelait Ph. Douste Blazy et que c'est un copain de R. Barre. On n'a absolument pas compris comment une ville comme Lyon pouvait entrer au patrimoine mondial, mais comme c'est R. Barre qui le demandait, ils ont dit oui. C'est une anecdote, mais quand on a présenté notre dossier, le ministre avait changé, il s'appelait C. Trautman. Elle a pris le relais de son prédécesseur sans problème et à ce niveau là, les choses ont été déblayées. Ensuite, il fallait faire un projet et une association locale la RVL [Renaissance du Vieux-Lyon], qui s'est toujours passionnée pour cette thématique, s'est mobilisée complètement sur le projet.

Il y a trois piliers, le troisième étant un type absolument génial : Didier Repelin, architecte en chef des bâtiments historiques du Rhône et du Vaucluse, autorité internationale dans son métier, inspecteur général de quatre départements pour le compte du ministère de la Culture, architecte en chef des monuments français de Rome, libéral (il a vogué en Asie...), expert de l'UNESCO. Il est à Lyon et personne ne faisait appel à lui pour ce qui relève du patrimoine historique : c'est triste, non ? Il est évident que j'ai fait appel à lui tout de suite et d'autant plus que c'est un copain. Avec lui, nous avons dit : « Très bien on va faire un dossier », mais il était un peu retissant sur l'idée du Vieux-Lyon ; moi je ne comprenais pas pourquoi. Tout compte fait, ce n'était pas le seul, avant de lancer le dossier, il a voulu faire venir des experts pour voir si nous avions une chance de réussite. Parce que nous travaillions pour le compte de R. Barre, si R. Barre se fait toquer, nous aurons l'air c...

Trois experts sont venus : un tunisien et deux de l'ICOMOS : ils ont passé deux jours à Lyon en janvier 1997. R. Barre avait mis ce point dans son programme en mai ou juin 1996, on avait commencé à déblayer le terrain, former un petit groupe de travail. Ce sont ces experts qui nous ont dit que si nous présentions le Vieux Lyon, nous aurions peu de chance d'être agréés, parce que l'UNESCO recherche dans les sites qu'il classe un caractère universel et exceptionnel. Or des Vieux-Lyon, c'est tout à fait intéressant, mais il y en a d'autres en Espagne, en Italie... Ce sont ces experts qui nous ont fait comprendre qu'on avait une chance extraordinaire : c'est le site historique. Or le site historique, c'est une notion que personne ne connaissait : c'est cinq cents hectares, alors que le Vieux Lyon c'est 25 hectares. Ils nous ont dit que les villes de confluents étaient relativement rares, dans la mesure où il est difficile de traverser deux fleuves. Lyon a passé toute sa vie de l'époque romaine jusqu'à la révolution française dans les mêmes limites. Ce qui est extraordinaire, c'est que ces limites définissent toujours le centre ville de Lyon. Ce que l'UNESCO a trouvé exceptionnel c'est que ce soit resté le coeur de la ville pendant 2000 ans. Ce ne sont pas des monuments classés ou inscrits qui ont permis cette inscription, c'est le fait que cette ville ait vécu 1800 ans dans les mêmes limites, qu'elle ait gardé des traces de ces limites et qu'elle ait su se développer dans ces limites. La cité de Carcassonne qui est classé, ce sont des bâtiments vides, donc ils nous ont dit c'est votre originalité et c'est votre exemplarité. C'est vrai qu'il y a des villes type Rome où il y a des traces d'histoire, mais absolument pas sous cette forme et autant regroupé. Ces experts nous ont fait prendre conscience de cette originalité... Nous avons continué notre dossier, nous l'avons aussi transformé.

Au moment de la modification, le dossier était donc déjà bien commencé...

On avait réuni des gens, commencé à rassembler de la documentation, des photos.

« Rassembler des gens » : c'était qui ?

On était un groupe de 4 sous l'autorité de D. Trouxe. J'étais le pilote, il y avait D. Repelin, D. Eyraud, un jeune architecte qui a eu un contrat de six mois auprès de D. Repelin... On était accompagné par un jeune énarque du secrétariat de la ville de Lyon [X. de La Gorce]. On se réunissait tous les lundi matin chez lui à 08.30h. Il s'occupait des affaires culturelles de la ville, il était notre lien avec Paris, les services de la ville... C'est devenu ensuite le groupe de pilotage. On avait rassemblé des tas de spécialistes pour écrire l'histoire de Lyon : des érudits, des historiens, des universitaires, des gens des musées... pour mettre les gens dans le coup. Dans le dossier que M. de Saint Etienne remet à la presse, c'est beaucoup plus large que ce que je viens de dire, parce qu'on voulait montré qu'il y a beaucoup de gens qui ont participé.

La mobilisation des spécialistes a-t-elle été aisée ?

Oui, parce qu'on les connaît tous. On n'est quand même pas dans une très grande ville. Il fallait un dossier juridique, ce sont les services de la ville qui sont intervenus : le secrétaire général leur a dit : « fournissez ce qu'on vous demande de fournir ». Les conservateurs de musées étaient très intéressés. Donc il y a eu une mobilisation forte d'un petit groupe de gens, la population comprenait moins bien à l'époque. La RVL était au premier plan même quand on est passé du Vieux-lyon au centre historique, parce que c'est quand même une association implantée depuis longtemps, elle a joué un rôle de moteur et a intéressé l'UNESCO, parce que c'est un dossier présenté par la France. L'UNESCO a bien noté que c'était une ville et une association « populaire » qui avaient envie de ça. L'UNESCO a souvent des dossiers qui sont politiques, où tel pays dit : « je vais faire un dossier pour inscrire telle ville, parce que ça nous valorisera... ». Alors que là c'est vraiment venu d'une initiative de la base, du local.

Le dossier, très bien présenté, est envoyé par C. Trautman en mai ou juin 1997 ; il faut dix-huit mois de traitement des dossiers auprès de plusieurs experts... Un expert bulgare est venus huit jours à Lyon en janvier 1998 : il parlait bien français et a fait son boulot de façon très consciencieuse avec une anecdote. Il avait tout examiné et le troisième jour, il nous a dit : « Je trouve que votre dossier est très bon, mais il y a une chose que vous avez oublié d'envoyer, c'est le POS. » Quand un type arrive de Sophia et demande le POS, ça montre quand même qu'il sait ce dont il parle. Je suis allé chez H. Chabert, je suis allé chercher le POS, on a vu qu'il y avait un petit coin du POS dans le nord du site historique qui n'était pas très bien réalisé par rapport à la demande que nous faisions, donc on a fait une petite modification du POS et tout le reste ça a marché sur des roulettes et c'est en décembre 1998 que l'UNESCO à Kyoto a accepté notre dossier. Pendant ce temps, la France présentait un autre dossier pour la ville de Provins (dont le maire était membre de l'académie française) que l'UNESCO a refusé. Ce n'était donc pas parce que R. Barre était maire de Lyon, mais vraiment parce que le dossier était bon que nous avons été retenu.

Ils vous sont apparus objectifs ?

Oui, ils viennent de tous les pays du monde et n'ont pas d'intérêt dans ces inscriptions. C'est vraiment un groupe très international.

Lors de l'élaboration du dossier, les mairies d'arrondissement sont-elles intervenues ?

Les mairies d'arrondissement n'ont aucun pouvoir.

Lors de l'élargissement du site, d'autres associations ont-elles été mobilisées ?

On a mis dans le coup une association : l'association Centre Presqu'île a été associée au comité de pilotage, mais bon c'est vrai qu'au niveau associatif, la RVL a une très vieille expérience associative. Les autres font du bon boulot, mais c'est beaucoup moins centré sur les problèmes patrimoniaux.

Un certain nombre d'études ont été faites, les associations, notamment les CIL sont de bons relais entre la ville et les habitants...

C'est un fait qui a joué après. Le président du CIL [Comité d'intérêt local] a été associé au groupe de réflexion. Mais au niveau associatif... D'ailleurs cette décision a été prise en février et il fallait qu'on rende notre dossier fin mai, donc on a vraiment travaillé sur les chapeaux de roue. Donc ils ont été mis dans le coup, mais...

En terme de moyen financier, comment ça s'est passé ?

D. Repelin a eu un crédit, parce qu'il fallait payé l'ordinateur, les photographes... Il y a eu un crédit relativement modeste : 300 000 FF porté à 330 000 FF. C'est tout à fait modeste et tous les autres ont travaillé bénévolement.

Ce crédit correspond à quoi ?

Il vient du maire. Je ne sais pas si c'est le service Culture ou le cabinet du maire. Mais par rapport au budget de Lyon (5 ou 6 milliards), ce n'est vraiment pas grand chose et pour un tel résultat : c'est vraiment le meilleur rapport qualité - prix !

Qui a fait appel à vous ?

M. Trouxe quand il a eu le titre de chargé du patrimoine a fait appel à moi comme chargé de mission et donc j'ai été chargé de mission jusqu'au 31 décembre 1999. Nous avons eu le titre patrimoine mondial en décembre 1998, j'ai travaillé encore un an comme chargé de mission sur la valorisation.

La DRAC a été associée au groupe de pilotage : son rôle a été modeste. Lyon est une ville où tous les éléments sont présents et D. Repelin, architecte en chef est en permanence en contact avec la DRAC...

Il y avait déjà des circuits, des relais d'informations ?

Oui, tout à fait.

L'UNESCO a les mêmes questions (110) quelque soit le site. Dans cette série de questions, il y en a sur la protection juridique. Nous sommes dans un système où il y a 177 monuments classés ou inscrits sur le site historique et avec le système de protection dans un rayon de 500 m autour du bâtiment, la totalité du site est sous la protection des architectes des bâtiments de France. Il y avait juste un petit bout... Donc le POS tient compte de tous ces éléments et l'UNESCO a jugé que nous avions toutes les protections nécessaires. Il n'y a aucune exigence complémentaire.

Pour d'autres sites, il pourrait y en avoir ?

Il pourrait y en avoir, mais dans ce cas là les sites ne sont pas classés. L'UNESCO demande qu'au moment de l'inscription les instruments de protection soient déjà mis en place.

Vous êtes donc resté un an...

En fait, quand on a une passion, on devient une carte de visite. Après l'inscription, certains ont pensé que nous étions inscrits et que ça s'arrêtait là. Moi je pense que c'est le début d'une aventure et non pas la fin. Donc il y a à tirer profit de cette inscription. La première chose qui m'a paru essentielle c'est qu'il y ait un relais municipal. Je disais qu'il manquait un élément autour du patrimoine à la ville, je ne parle pas des élus mais des structures municipales. A partir du moment où nous avions la chance d'être inscrit, il fallait qu'il y ait une cellule à la municipalité parmi les fonctionnaires qui s'occupe de cette problématique. Donc c'était ma bataille pendant 1 an. Pour d'autres raisons, j'ai quitté D. Trouxe au 1er janvier... mais comme je n'avais pas de fonction officielle le quitter ou être dedans c'était pareil. En revanche, le résultat c'est que la ville a nommé B. Delas chargé de mission.

Pour moi c'était l'essentiel, qu'il y ait un relais au niveau municipal. Le secrétaire de la ville a été assez vite convaincu que c'était une bonne chose. On a passé l'année 1999 à préparer ce nouveau poste et M. Delas a été nommé en mars 2000 sous l'autorité conjointe de D. Trouxe et de A. Soulier.

D. Trouxe était très heureux que la ville soit inscrite, mais il s'intéresse davantage aux actions culturelles que patrimoniales, donc pour lui c'était une réussite, mais ce n'est pas sa passion, ni son objectif n° 1. En revanche, la ville, A. Soulier et un certain nombre de gens ont très vite compris que c'était un argument économique fort pour le rayonnement de la ville. Et la ville de Lyon a voté un crédit de 45 millions de francs. C'est la première fois depuis 2050 ans que Lyon accepte de faire de la publicité. Lyon est une ville qui a toujours bien su faire les choses, mais détesté les faire savoir. Aujourd'hui, Lyon est en train de changer très fondamentalement et cette reconnaissance UNESCO est un des éléments du changement. Il y a également d'autres signes de changement. Ce vote de crédit, quasi unanime est une révolution culturelle, il se divise en deux points : les crédits de B. Delas et ceux de la communication (Euro RSCG est chargé de valoriser Lyon sur 4 pays : Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et cote Est des EU).

Qu'est-ce que le monde associatif peut attendre de cette inscription ?

Alors avant de répondre pour le monde associatif, je pense que la ville de Lyon, ses habitants ont été sensibilisés. L'agglomération a aussi été valorisée par cette inscription. Une conscience globale de ceci rejaillit nécessairement sur les associations.

Les gens du Vieux-Lyon ont absolument tous pensé que c'était eux qui étaient au patrimoine mondial... Les gens des pentes de la Croix-Rousse ont tout de suite compris, parce que quand on a fait la ZPPAUP de la Croix-Rousse c'était vraiment une volonté de la municipalité (H. Chabert et M. Noir) d'associer la population a la réalisation de la ZPPAUP... ce qui n'était pas une obligation. Une ZPPAUP est une espèce d'entente entre une CL et les architectes des bâtiments de France pour une gestion patrimoniale globale. Au lieu d'être dans un périmètre de 500m, on se met d'accord sur des principes généraux de gestion. Dans cette ZPPAUP urbaine, il y a eu volonté d'associer les associations : il n'y a pas eu seulement enquête d'utilité publique, mais aussi un vrai travail de liaison avec les associations de la Croix-Rousse. Donc quand on a eu le patrimoine mondial, les habitants ont trouvé cela tout à fait normal.

En revanche, les habitants de la Presqu'île ne l'ont vraiment pas compris tout de suite et je suis sûr qu'il y en a encore plein qui n'ont pas compris. Dans les années à venir et puisqu'il y a une valorisation touristique évidente, le travail va être d'élargir la valorisation touristique. Aujourd'hui elle n'est vraie que pour le Vieux-Lyon, on n'a pas encore su inventer de circuits touristiques, d'ouverture de monuments sur la Presqu'île et sur les pente de la Croix-Rousse, ni d'ailleurs dans le quartier Saint Just. Il nous reste à inventer les produits qui permettrons de faire diffuser le plus touristique dans l'ensemble du site. C'est un gros travail pour B. Delas en collaboration avec les associations.

Y a-t-il un service touristique à la ville ?

Il y a un office de tourisme, la ville se charge de donner des subventions. C'est le premier organisme para municipal qui se soit emparé de l'inscription. La carte de voeux de l'office de tourisme de 1999 a été centrée sur le patrimoine mondial ; la ville de Lyon n'a rien fait à l'époque. Elle a attendu un an pour faire communiquer sur le patrimoine mondial.

L'office du tourisme a-t-il participé à l'élaboration ?

Il était dans le comité de pilotage. Mais il a tout de suite compris l'opportunité que cela représentait. Les retombées sont de type culturel pour les habitants qui prennent conscience du patrimoine qui les entoure au point qu'on en vient au « tout patrimoine », mais c'est un autre débat. Le plus économique, c'est le développement touristique. Depuis un an, je suis au bureau de l'office de tourisme, parce que c'est ça aussi le volet sur lequel nous pouvions avoir une action : Lyon n'a jamais eu d'aspect touristique. La ville avait soit une non image soit une mauvaise image. On est de mieux en mieux sur le tourisme d'affaire, de congrès... mais on n'avait presque pas de tourisme urbain. C'est une chose totalement nouvelle. Le taux de remplissage des hôtels pour les nuits du samedi et du dimanche a doublé ou triplé depuis quelques années. C'est du tourisme associatif, étranger... qui s'est développé depuis 2 ans : on est passé de 700 000 en 98 à 900 000 en 2000 (tourisme étranger). Ce qui est une hausse très forte. Le problème, c'est que Paris c'est 24 millions et Prague 14 millions... Ceci vient à la suite de l'inscription.

L'inscription a donc permis à l'office du tourisme de mettre en place une stratégie de tourisme urbain ?

Tout à fait. Cette politique de tourisme urbain reste à développer par une politique de signalisation (indication de centre...), une politique monumentale locale (anglais...), une politique de stationnement notamment des bus... Tout ceci normalement relève de la responsabilité de Delas. C'est lui qui doit piloter, aiguillonner. En collaboration avec l'Office de tourisme... il y a un truc qui s'appelle Comité stratégique... qui regroupe les services de la ville, l'ADERLY, le musée Gadagne, moi...

Vous, c'est toujours au titre de M. Patrimoine ?

Oui. Mon titre actuel c'est Patrimoine Rhonalpin, association qui regroupe 250 associations de valorisation du patrimoine dans la région Rhône-Alpes. Ca n'existe dans aucune autre région française, mais c'est également complètement méconnue, parce que nous ne sommes pas à Paris.

Depuis l'an passé je suis au bureau de l'Office du tourisme. C'est une association loi 1901, dont la majeure partie des ressources vient de la ville et de la communauté d'agglomération, mais qui a aussi des adhérents (hôteliers, restaurateurs, personnes privés....) avec un conseil d'administration qui élit un bureau (avec un représentant de la ville automatiquement). L'une des idées que B. Delas est actuellement en train de développer c'est que Lyon doit s'intégrer dans des circuits internationaux, instrumentaliser ou officialiser la présence de Lyon dans des associations, telles que l'OVPM [Office des Villes du Patrimoine Mondial]. Il a d'ailleurs été difficile d'obtenir que Lyon adhère à cette association : c'est relativement cher (selon la population). Nous devons inventer une nouvelle mentalité en même temps que l'évolution des esprits à Lyon.

Conseil général, Communauté urbaine, Région : sont-ils intervenus ?

La région n'est pas intervenu, on ne l'a pas fait intervenir. Le Conseil Général était associé... Lyon doit devenir une métropole européenne. Le problème de la ville, c'est qu'elle est trop discrète, par exemple elle n'assume pas son rôle de capitale de région. Nous devons inventer Lyon, capitale de Rhône-Alpes et Lyon, ville internationale, être connus et reconnus, participer à des échanges, valoriser nos atouts, notre histoire... Le siège du conseil régional est à Charbonnière : les lyonnais ne voulaient pas prendre cette responsabilité et les autres ne voulaient pas que ce soit à Lyon, d'où un consensus mou au moment du choix. Au niveau de l'image international c'est stupide...

Cette inscription va-t-elle permettre aux associations...

Rien de plus, rien de moins. C'est la sensibilisation, pour la protection, rien de plus puisque l'UNESCO ne donne ni règles, ni argent. La RVL s'est effectivement emparé de l'inscription : elle sort un bouquin 'Lyon, un site, une cité' qui est pour valoriser le patrimoine. Le Conseil général a participé, mais c'est compliqué : département de 1,4 millions d'habitants dont 1,2 millions sont à Lyon C'est une évidence qu'il participe, mais il est d'abord rural. Le Comité Régional du Tourisme et le Comité Départemental du Tourisme mettent cette inscription en avant. Ils en bénéficient, mais ce n'est pas leur affaire. La Communauté urbaine nous a fait intervenir en interne, elle s'y intéresse, mais c'est dans le cadre des prérogatives de chacun, au départ c'est une affaire de la ville. La DRAC est très chaleureuse, mais elle est Rhône-Alpes et s'intéresse plus à d'autres événements et notamment à Vaulx-en-Velin au lieux de la mémoire immigrée. Il y a aussi les villes d'Art et d'histoire qui sont régionalisées à la DRAC. Lyon n'aime pas entrer dans ces systèmes, elle aime sa forme d'autonomie et il serait bien que ça change, cela nous serait certainement profitable. Je pense que l'inscription va nous obliger à rentrer dans plus de réseaux.

ICOMOS - Responsable du suivi de la procédure d'inscription à l'ICOMOS international.

Quelle est pour l'ICOMOS la définition de la notion de patrimoine ?

C'est une notion relativement nouvelle définie dans les textes de la Convention de 1972 et dans ceux des Orientations, qui présentent plus concrètement la mise en oeuvre de la convention (critères, suivi de l'état de conservation...). Je vous renvoie directement à ces textes, je ne vous apporterai rien de plus, me semble-t-il.

Quels sont les rôles et fonctions de l'ICOMOS ?

L'ICOMOS est un organe consultatif : il mène des travaux pour le comité du patrimoine de l'UNESCO. C'est un organisme international avec des instances représentatives dans de nombreux pays. Il se trouve que nous sommes situés en France, parce que Malraux en son temps l'avait proposé, mais nous pourrions tout à fait être ailleurs et mener exactement le même travail.

Ceci veut-il dire que vous n'avez pas ou peu de relation directe avec les différentes institutions ou associations qui défendent, protègent ou valorisent le territoire ?

Nous n'avons effectivement pas de rapport dans le cadre de l'élaboration d'un dossier d'inscription. Ce dossier est élaboré par le pays concerné, ou du moins dans ce pays ; c'est l'Etat qui doit signer le dossier de candidature et le remettre au centre du patrimoine de l'UNESCO. C'est ensuite cette instance de l'UNESCO qui nous transmet les dossiers et nous pouvons alors les examiner. En fait, les acteurs d'un pays peuvent nous consulter à leur initiative : soit venir consulter des dossiers déjà réalisés, que nous conservons au centre de documentation à l'étage du dessous, soit en demandant l'aide d'un expert. Celui-ci sera alors un expert du même pays qui ne pourra en aucun cas participer à l'évaluation du dossier de candidature. On ne peut en effet être à la fois juge et partie !

A partir de quoi les Etats peuvent-ils réaliser leur dossier ?

Nous leur distribuons un formulaire de l'UNESCO en anglais et en français.

Comment se déroule alors l'examen des dossiers ?

Les dossiers de chaque états sont transmis à l'UNESCO en juin (date butoir le 1er juillet), me semble-t-il et nous les récupérons en septembre de la même année. Nous mettons alors en place trois types d'examen. Le premier : c'est une mission sur place. Un membre de l'ICOMOS compétent dans les domaines de la restauration et conservation des sites se rend sur place. Il peut être archéologue, urbaniste ou architecte. Sur place, il observe, rencontre des acteurs des différents domaines concernés, se fait un avis... Il doit rédiger un rapport qui comporte notamment les principales caractéristiques juridiques, le plan de gestion du site, les travaux de restauration existants, les projets...). Le second : une évaluation préparée par des spécialistes à partir du dossier écrit. Le troisième : la consultation de personnes spécialistes dans le type d'inscription demandée (universitaires, architectes...). Ceux-ci doivent donner leur point de vue sur la valeur universelle du site. Un fiche d'évaluation est rédigée en prenant en compte ces trois examens différents. Elle contient à la fin des recommandations collégiales, il s'agit de donner une expertise : voir comment se trouve le site.

A quoi correspondent ces recommandations ?

Ce sont à la fois des recommandations sur le choix que devra effectuer l'UNESCO, mais aussi des recommandations pour la suite pour le site qui a établi sa candidature.

Quelle est alors la suite du processus ?

Le comité exécutif de l'ICOMOS se réunit en mars de l'année suivante pour étudier les propositions d'inscription. Ce comité contient la commission de l'ICOMOS pour le patrimoine mondial, c'est à dire des membres élus tous les trois ans et qui représentent les différentes régions du monde, ainsi que des personnes spécialistes du patrimoine et membres de l'ICOMOS auxquelles nous faisons appel selon le type d'inscription demandées. Ce comité exécutif établit une pré-sélection et nous envoyons le tout (dossiers + fiches d'évaluation) au centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le bureau, composé de 7 personnes se réunit en juin. Au cours de cette réunion, nous effectuons des présentations orales des différents sites candidats à l'inscription. Ce bureau statue alors sur une recommandation pour le jury de l'UNESCO qui se réunit alors en décembre de la même année.

Pouvez-vous me dire qui constituait en 1998 ?

Australie, Bénin, Brésil, Canada, Cuba, Equateur, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Japon, Liban, Malte, Mexique, Maroc, Niger, République de Corée, Thaïlande, Etats-Unis, Zimbabwe.

Comment est financé l'ICOMOS ?

Nous fonctionnons uniquement sur les cotisations des adhérents et des contrats tel que celui passé avec l'UNESCO pour l'expertise des dossiers de candidature. Les adhérents peuvent être des individuels (majoritaires), des institutions, des villes...

Lorsqu'un site est inscrit, l'ICOMOS intervient-il dans la mise en place d'une procédure de suivi ? Comment est-il sûr du bon usage de cette inscription ?

Nous mettons en place un suivi systématique : tous les 5 ans, nous demandons un rapport sur l'état des biens inscrits sur le territoire d'un pays, par exemple pour la France, nous nous adressons au ministère de la culture - DAPA. Il existe également un suivi réactif, si nous apprenons ou constatons par nous mêmes qu'un site est en danger, c'est alors tout à fait ponctuel et nous nous appuyons sur la Convention de 1972 pour par exemple remettre en cause des grands projets qui peuvent être dévastateurs pour des sites inscrits (Cf. en Egypte).

Pour ce qui est d'un soutien financier, c'est très limité. D'abord nous n'avons que peu d'argent et nous ne pouvons donc pas subventionner tout le monde. Les demandes d'aides financières sont donc accordées en premier lieu aux états nécessiteux. La France et les pays européens en général ne font pas de demande.

Vous avez indiqué que pour le suivi systématique vous vous adressiez directement au ministère, vous n'avez donc pas de contact avec le local ?

Non, les états gèrent leurs relations internes tel qu'ils le veulent, nous n'avons qu'un seul interlocuteur. Le seul moment où il y a contact, c'est lors de la mission d'expertise au moment de la candidature.

J'ai vu dans le centre de documentation un certain nombre d'ouvrage sur les sites du monde entier, comment capitalisez-vous toute cette information ?

En fait, nous n'avons que très peu de moyens et les ouvrages présents en bas sont les dossiers de candidatures, des ouvrages ou revues que nous ont donné gratuitement des villes, associations, particuliers... ou quelques unes de nos publications.

L'OVPM joue également un rôle particulier, dans quel mesure y êtes vous associé ?

Nous avons des relations avec l'OVPM, nous sommes invités dans les colloques qu'ils organisent. C'est un réseau, mais leur action est pour l'instant assez limitée.

Comment est organisé l'ICOMOS ?

Ici, c'est le secrétariat international, nous sommes 8. Nous sommes le relais entre les comités nationaux (Cf. Internet) et il y a 21 comité scientifiques internationaux qui sont spécialisés dans des domaines distincts.

DAPA - ministère de la culture.

Avant toute chose, il faut connaître certains points sur les inscriptions au patrimoine mondial de l'humanité. Les biens sont en premier lieu inscrit sur une liste indicative. La Convention de 1972 au fur et à mesure qu'elle entre en usage se trouve dévoyée de ses objectifs premiers qui étaient la protection du patrimoine et la solidarité patrimoniale, transmission du patrimoine, attirer l'attention des Etats qui n'avaient pas encore signé la Convention. C'est en train de se dévoyer et c'est pour ça que le comité du patrimoine est en train de resaisir les rennes, c'est maintenant devenu un label destiné à faire venir plus de touristes et on perd un peu de vue les objectifs premiers. C'est un point sur lequel le comité du patrimoine est très vigilant et il s'efforce d'avoir une politique de rééquilibrage. En effet certains pays sont peu ou pas inscrits ; l'Europe sur 686 biens inscrits en a 60% et 15% sont situés entre la France, l'Italie et l'Espagne. D'où une politique de stratégie globale d'équilibre qui vise d'une part à rééquilibrer la liste entre pays représentés et pays non représentés, qui vise une meilleure participation, que ce ne soit pas toujours les mêmes (raccourcir le mandat, pas de présentations successives et sièges d'observateurs aux pays qui n'ont jamais été membres du patrimoine mondial) et troisième mesure : on va favoriser de nouvelles catégories (patrimoine industriel, patrimoine du XXème siècle, patrimoine combinant le paysage et les biens bâtis, c'est à dire le paysage culturel) et enfin diminuer le nombre de dossiers présentés chaque année (maxi 30 dossiers). Ce sera donc un véritable coup de frein. Nous sommes très contents de ce coup d'arrêt, parce que depuis quelques années nous avons complètement perdu cette notion de solidarité patrimoniale. La France soutient à fond, c'est à dire le ministère de la Culture et celui de l'Environnement, par la voix de l'ambassadeur de la France à l'UNESCO.

En général, les Etats présentent une liste de biens, liste indicative qui présente les biens susceptibles d'être inscrits, qui peuvent justifier des critères d'inscription (valeur universelle, critère d'authenticité et intégrité et critères de la convention). A partir de cette liste, les Etats montent les dossiers au fur et à mesure que les élus en font la demande. Il faut qu'il y ait une volonté politique au départ. Par exemple pour la ville de Lyon, le projet est porté surtout et avant tout par la municipalité. Le dossier est en général monté par des services techniques et culturels de la ville en collaboration étroite de la DRAC et puis ça suit le chemin.

La liste de biens est établit par qui ?

C'est nous en collaboration avec le ministère de l'environnement. On fait une liste qui évolue en fonction des nouvelles orientations...

A partir de quelles données pouvez-vous la construire ?

Nous avons constitué un petit groupe de travail et à partir des connaissances et relations des DRAC : remontées d'informations des DRAC et des demandes que nous recevons sans arrêt de la part des élus de tout bord. Dans ce groupe de travail, il y a des conservateurs, des professionnels du patrimoine (industriel, des gens avec qui nous avons l'habitude de travailler, c'est un groupe informel). Nous avons reproposé des biens aux DRAC et aux DIREN et aux régions et quand le local se montre favorable, nous essayons d'aller plus loin... Nous allons passer notre liste devant la commission supérieure des monuments et des sites pour être sur d'entériner nos choix et ensuite nous l'enverrons à l'UNESCO et nous présenterons les dossiers au fur et à mesure...

Avez-vous rencontré des agents locaux ?

Non, parce que nous estimons que c'est déjà vu par des gens qui sont sur place.

Effectuez-vous des démarches prospectives ?

Non, parce que nous avons déjà beaucoup trop de demandes, et ce d'autant plus que c'est devenu un label touristique alors qu'au départ, il y a vraiment une volonté de mettre en place une politique de développement, de protection et de gestion des biens pour les populations et la transmission de génération en génération... Pour cela, les pays d'Europe sont certainement les mieux outillés : on a tout ce qu'il faut en matière de protection, de gestion, de législation... Nous faisons beaucoup de coopérations actuellement : nous avons passé une convention avec l'UNESCO pour aider les pays à monter leurs dossiers. Nous essayons de développer des coopérations avec des collectivités locales pour essayer de les amener à travailler avec des Etats peu représentés et faire des dossiers d'inscription et ensuite ce peut être la base pour mettre en place des coopération pour des plans de gestion... Actuellement, je travaille sur une collaboration avec Saint Louis du Sénégal avec la communauté urbaine de Lille. Là il y a véritablement un partage et une solidarité patrimoniale qui joue.

Sur la notion de gestion du patrimoine urbain, quels sont les textes qui existent au plan national et au plan européen ?

Il y a toute une législation au plan français : secteurs sauvegardés, ZPPAUP, loi des abords, procédure de classification... Je pense qu'à la DRAC, vous pourrez trouver tous ces textes. Au plan européen, il n'existe pas encore vraiment de textes...

Pouvez-vous m'expliquer l'organisation du ministère, notamment pour ce qui concerne le patrimoine ?

La Direction de l'Architecture et du patrimoine recouvre : la sous-direction des monuments historiques, la sous-direction de la qualité, des espaces et de l'architecture, la documentation, l'inventaire et les études, la sous-direction de l'archéologie. Il n'y a pas de budget séparé pour le patrimoine mondial, le montage des dossiers est fait par les DRAC, c'est sur des crédits déconcentrés et quant au budget général de la DAPA, je ne connais que celui de la direction international... Je peux me renseigner et j'essaie de vous rappeler.

Qui sont vos partenaires ?

Pour le patrimoine mondial, nos partenaires sont DRAC et DIREN puis à l'international : ICOMOS, UNESCO. Avec l'UNESCO, nous avons une convention de coopération sur le patrimoine, sinon nous faisons partie des Etats qui ont signé la convention de 1972.

Cette convention implique-t-elle de nouvelles prérogatives pour l'Etat ?

Non, ce sont des obligation d'aides. Il n'y a aucune subvention sur les biens proposés ou inscrits. Ne s'applique que la législation du pays. Il faut également respecter les mesures de protection et gestion qui sont un peu sous le contrôle de l'UNESCO, si un Etat fait des choses qui ne vont pas, l'UNESCO demande des comptes directement à travers l'ambassadeur.

Comment l'UNESCO peut-il en avoir connaissance ?

Il suffit qu'une association lui écrive : « j'ai constater que sur tel truc, on est en train de faire n'importe quoi... »

Un site qui souhaite être classé, qui doit-il contacter en premier ?

Il ne contacte jamais directement l'UNESCO. En général, soit ils sont sur la liste indicative, ils ont alors franchi une première étape et on peut convenir qu'ils préparent un dossier et ils seront présentés à telle époque. Il faut s'avoir qu'il se passe obligatoirement dix huit mois entre le moment où leur dossier est élaboré et le moment où le site est inscrit. Soit il n'est pas sur la liste indicative et n'a aucune chance de l'être et je réponds non. Soit il peut être éventuellement inscrit dans la prochaine liste indicative, mais ça devient un peu une figure de style parce qu'il reste beaucoup de biens sur la liste indicative produite en 1995 et d'autre part, il va y avoir un coup de frein très fort. En ce qui concerne la ville de Lyon, je n'étais pas encore là, je m'occupe plutôt du dossier de coopération. J'ai entendu dire que c'était fait parce que R. Barre avait des relations très étroites avec F. Mayor qui à l'époque était directeur de l'UNESCO.

Lyon ne figurait pas sur la liste de 1995 ?

Je ne pense pas, Lyon a aussi bénéficier du fait qu'elle se présentait dans une catégorie encore relativement peu représentée.

Participez-vous à l'élaboration du dossier ?

Non, c'est la DRAC qui gère, la région... Souvent, c'est confier à un organisme spécialisé, parce que c'est un énorme boulot.

Lorsque le dossier est remis, il est directement transmis ?

Oui, nous n'y touchons pas... enfin, il y a quand même des cas où le ministère a un rôle de coordination, par exemple sur la vallée de la Loire, nous avons joué un rôle de consultation et coordination entre les élus, l'Etat, les différents services concernés... Réunions d'informations et concertations sur le thème du patrimoine mondial pour sensibiliser aussi bien les élus à cet impact patrimoine mondial. Il faut un consensus général, nous nous appuyons sur le préfet pour monter toute cette coordination. Pour la ville de Lyon c'était plus simple, parce que plus restreint géographiquement.

Lorsque les sites sont inscrits, vous avez insisté sur le fait que c'était particulièrement utilisé comme label, qu'est-ce que l'Etat possède pour remédier aux dérives de l'inscription ?

C'est de refuser. Quand elles sont inscrites, c'est fini : il y a une époque où c'était l'Eldorado... Si l'Italie pouvait se faire classer complètement, elle le ferai. Mais ce qui est important, c'est de faire réfléchir les gens sur la teneur de la Convention de 1972 et sur la finalité de cette inscription.

De plus en plus, le problème est la montée en puissance du tourisme culturel et les pays en développement s'aperçoivent que la réhabilitation ou la rénovation du centre urbain historique, notamment dans les pays d'Amérique latine, peut être une manne de développement économique. L'objectif du comité du patrimoine mondial, c'est d'assurer à la fois une restauration, réhabilitation conforme, un plan de sauvegarde et de gestion et de faire ne sorte que ça ne devienne pas des centre muséifié. C'est toute une politique d'accompagnement et de mesures sociales et économiques pour un développement durable qui se mettent en place. C'est aussi une démarche qui était inscrite dans la convention de 1972 et que nous avions un peu oublié. C'est ici aussi que la France a un rôle à jouer.

Si les ministères concernés appuient entièrement la démarche actuelle de l'UNESCO, comment est-ce transmis aux collectivités locales, aux régions ?

Pour l'instant, ce n'est pas très bien transmis. A l'occasion de l'établissement de la liste indicative annuelle, Nous avons précisé des recommandations aux DRAC et nous essayons de le faire passer aux élus. Mais il faudrait que l'UNESCO fasse une campagne de communication sur ce thème. Mais il ne communique pas beaucoup.

Pour ce qui est de la procédure de suivi systématique, qui est-ce qui le réalise ?

C'est le gestionnaire du site en principe. C'est ce que nous appelons la soumission de rapport périodique que les pays doivent faire pour expliquer où ils en sont. Il y a une 2ème menace : l'inscription sur la liste du patrimoine en péril. Quand ce sont des pays pauvres et que les biens sont en dangers, il y a des fonds qui sont débloqués.

Existe-t-il des relations avec d'autres ministères, notamment Equipement ?

Oui, mais je pense que c'est plus au niveau local et sous l'égide du préfet.


L'organisation interne du département « patrimoine » de l'UNESCO

Lorsqu'un pays ratifie la convention du patrimoine mondial, il est un Etat Partie. Ce pays accepte, par cette signature, d'identifier et de proposer des sites de son territoire national à l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Une fois tous les deux ans, tous les Etats parties à la Convention se réunissent lors de la Conférence générale de l'UNESCO : c'est l'Assemblée générale. Elle élit notamment le Comité du patrimoine mondial, dont le rôle est essentiel : il est responsable de la mise en oeuvre de la Convention. Il décide de l'inscription ou non d'un site sur la Liste du patrimoine mondial, examine les rapports sur l'état de conservation des sites inscrits et demande aux Etats parties d'intervenir si nécessaire. Il est également responsable de l'octroi de subvention du Fonds du patrimoine mondial si des sites nécessitent réparation, de l'assistance d'urgence en cas de danger immédiat, de la fourniture d'assistance et de formation, ainsi que des activités promotionnelles et éducatives. Le comité du patrimoine mondial est donc l'instance la plus importante du dispositif : il détient les décisions.

Il est constitué de représentants de 21 Etat parties élus pour six ans et se réunit tous les ans en décembre. Le bureau du patrimoine mondial, constitué de sept membres (parmi les 21 élus), est l'organe exécutif chargé de la préparation du travail du comité. Ces deux dernières instances, constituées de représentants des Etats-parties, possèdent une légitimité politique vis-à-vis de l'extérieur.

Depuis 1992, ce dispositif est renforcé par le Centre du patrimoine mondial à l'UNESCO pour assurer la gestion quotidienne relative à la Convention : organisation des réunions annuelles du bureau et du Comité, conseils aux Etats parties dans l'élaboration de leurs propositions d'inscription... Il organise également des séminaires et ateliers techniques, conçoit des outils pédagogiques pour sensibiliser l'opinion et tenir les médias informés. Le Centre du patrimoine mondial est, lui, composé de permanents de l'UNESCO, il ne peut donc s'appuyer sur une légitimité politique. A travers ces fonctions, le Centre du patrimoine mondial est en relation avec d'autres groupes à la fois au sein de l'UNESCO, notamment avec la Division du patrimoine physique de l'UNESCO - chargée de la gestion des campagnes internationales - et à l'extérieur, en particulier avec des organismes internationaux tels que l'ICOMOS, l'UICN, l'ICCROM ou encore l'OVPM.

Source : établi à partir de Orientation devant guider la mise en oeuvre de la convention du patrimoine mondial, UNESCO, Comité intergouvernemental pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, Centre du patrimoine mondial, mars 1999.


Critères d'inscription des biens culturels sur la Liste du patrimoine mondial

Les critères d'inscription des biens culturels sur la Liste du patrimoine mondial doivent toujours être considérés les uns par rapport aux autres et dans le contexte des définitions figurant à l'article 1 de la Convention reproduit ci-dessous:

'les monuments : oeuvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, éléments ou structures de caractère archéologique, inscriptions, grottes et groupes d'éléments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l'histoire, de l'art ou de la science,

les ensembles : groupes de constructions isolées ou réunies, qui, en raison de leur architecture, de leur unité, ou de leur intégration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l'histoire, de l'art ou de la science,

les sites : oeuvres de l'homme ou oeuvres conjuguées de l'homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.'

Un monument, un ensemble ou un site - tels qu'ils sont définis ci-dessus - proposé pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial sera considéré comme ayant une valeur universelle exceptionnelle aux fins de la Convention lorsque le Comité considère que ce bien répond à l'un au moins des critères ci-après et au critère d'authenticité. En conséquence, tout bien devrait:

(i) soit représenter un chef-d'oeuvre du génie créateur humain
(ii) soit témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages
(iii) soit apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue
(iv) soit offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des période(s) significative(s) de l'histoire humaine
(v) soit constituer un exemple éminent d'établissement humain ou d'occupation du territoire traditionnels représentatifs d'une culture (ou de cultures), surtout quand il devient vulnérable sous l'effet de mutations irréversibles
(vi) soit être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des oeuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle (le Comité considère que ce critère ne devrait justifier une inscription sur la Liste que dans des circonstances exceptionnelles, et lorsqu'il est appliqué concurremment avec d'autres critères culturels ou naturels)

et

répondre au critère d'authenticité pour ce qui est de sa conception, de ses matériaux, de son exécution ou de son environnement et dans le cas d'un paysage culturel, de son caractère ou de ses composants distinctifs (le Comité a souligné que la reconstruction n'est acceptable que si elle s'appuie sur une documentation complète et détaillée de l'original et si elle n'est aucunement conjecturale);

bénéficier d'une protection juridique et/ou contractuelle et/ou d'une protection traditionnelle adéquates et de mécanismes de gestion afin d'assurer la conservation des biens ou des paysages culturels inscrits. L'existence d'une législation de protection aux niveaux national, provincial et municipal et/ou d'une protection contractuelle ou traditionnelle bien établie ainsi que de mécanismes de gestion adéquats et/ou de mécanismes de contrôle de la planification est essentielle et, comme cela est précisé au paragraphe ci-dessous, doit être clairement indiquée sur la proposition d'inscription. Les assurances d'une application efficace de ces lois et/ou de cette protection contractuelle et/ou traditionnelle, ainsi que de ces mécanismes de gestion, sont également demandées. En outre, afin de préserver l'intégrité des sites culturels, particulièrement de ceux qui sont ouverts à de grands nombres de visiteurs, l'Etat partie concerné devrait être en mesure de fournir des preuves de dispositions administratives propices à assurer la gestion du bien, sa conservation et son accessibilité au public.

Sources : Orientations devant guider la mise en oeuvre de la Convention du patrimoine mondial, Comité intergouvernemental pour la protection du patrimoine mondial, UNESCO, Centre du patrimoine mondial, février 1995.


Les implications d'une inscription sur la Liste du patrimoine mondial

Les critères d'inscription ci-avant consignés indiquent que la réglementation en matière de protection du patrimoine doit être optimale au moment de la décision de l'UNESCO. Aucune nouvelle contrainte urbanistique ne suit donc l'inscription. Cette annexe présente la réponse de la Renaissance du Vieux Lyon aux multiples interrogations de la population locale suite à la reconnaissance internationale. Elle est extraite de Le journal de la Renaissance du Vieux Lyon, Le Site Historique de Lyon, Patrimoine mondial de l'humanité, supplément du n° 102, mai 1999 (p. 4).


Formulaire de proposition d'inscription


Fiche d'évaluation de la ville de Lyon


Quelques éléments sur la démarche Millénaire 3

« La nouvelle donne

Le contexte d'unification européenne, de mondialisation des échanges et de renouvellement des technologies est porteur de nouvelles perspectives de développement économique, social et culturel pour l'agglomération lyonnaise. Mais aussi de risques. L'avenir n'est pas écrit à l'avance, il se construit. Pour cela il faut à la fois s'efforcer de comprendre le monde en devenir, d'identifier les opportunités et les contraintes qui se présenteront demain, et bâtir en conséquence une stratégie d'actions à moyen terme, se développant dans deux directions...

Une action collective au service de l'avenir

D'une part, un effort permanent de conception d'une cité innovante, équilibrée et où il fait bon vivre doit être conduit. Les actions en faveur de l'enseignement, de la culture et des loisirs, le plan des déplacements urbains, la politique de revitalisation des quartiers et toutes les actions de proximité témoignent de cette volonté collective. D'autre part, l'agglomération lyonnaise, qui a les moyens de jouer un rôle international, doit faire preuve d'ambition européenne pour l'avenir. A cet égard, le développement des coopérations avec les grandes villes de Rhône-Alpes, mais aussi avec Genève, Marseille, Turin, Barcelone et Gênes est essentiel.

Ces deux objectifs, loin de s'opposer, sont au contraire complémentaires. En effet, le rayonnement ne se décrète pas ; il est le fruit d'une société locale à la fois solidaire et entreprenante, inventive, ouverte, une société multiple et en mouvement. Les évolutions de la société lyonnaise doivent donc être favorisées afin qu'elles acquièrent un sens collectif, pour enrichir l'identité de l'agglomération et concevoir un projet stimulant pour tous.

Voilà pourquoi, à la veille du troisième millénaire, la Communauté urbaine a pris l'initiative d'une grande réflexion sur l'avenir de l'agglomération, dont le champ d'application dépasse ses compétences et son territoire, et auquel elle a proposé d'associer tous les acteurs de la métropole lyonnaise. Cette démarche baptisée 'Millénaire 3' a identifié les grandes évolutions de la société, l'émergence des nouveaux besoins, mais aussi les dysfonctionnements et les rigidités internes à l'agglomération lyonnaise qui freinent les adaptations nécessaires et peuvent conduire à des ruptures.

Mobiliser les énergies autour de quelques visions simples et fortes

La réflexion a impliqué les élus et les services du Grand Lyon autour de la mission Prospective et Stratégie d'agglomération chargée d'animer la démarche ' Millénaire 3 ', mais aussi leurs partenaires, de nombreux habitants de l'agglomération, ainsi que des experts dont le rôle était de bousculer les certitudes pour aider à construire les visions d'avenir à la fois ambitieuses et réalistes sans lesquelles les actions futures manqueront d'impact. Les débats menés au cours de nombreuses réunions ont été riches et ouverts, et en même temps ils ont fait émerger un grand nombre d'idées simples, communes à tous, jouant pleinement leur rôle de mobilisation des énergies.

L'homme au coeur de la réflexion et du projet d'agglomération

Le thème de l'homme a été retenu pour servir de fil conducteur à l'ensemble de la démarche et de la réflexion, et ce pour trois raisons :

Au moment où l'agglomération lyonnaise s'engage dans le troisième millénaire, il est essentiel qu'elle ait conscience de son identité, et des valeurs qu'elle peut mobiliser pour construire son avenir. Or, l'humanisme est un des éléments de l'identité lyonnaise ; un humanisme pluriel, composé de sensibilités diverses et capable d'ouverture.

La mondialisation des échanges et les progrès extraordinaires des technologies de l'information et du vivant sont des mouvements irréversibles qui bouleversent les bases de notre économie et de notre société. Il en résulte un peu partout des craintes légitimes, qui se traduisent par des réflexes de repli sur les communautés, ou encore par des attitudes de méfiance à l'égard de l'Europe. Cela invite à replacer l'homme et ses préoccupations au coeur de la réflexion et des projets.

Enfin, nous entrons dans l'ère de l'information. La dynamique économique est fondée d'abord sur la valorisation de l'intelligence et l'innovation. L'expression ' il n'y a de richesse que d'hommes ' n'a jamais été aussi vraie. C'est sur la mobilisation des hommes et de leurs potentiels qu'il faut bâtir la stratégie.

Telle est l'ambition qui nous guide dans la démarche ' Millénaire 3 '. 

Le projet d'agglomération est une construction permanente, et, pour l'adapter aux mutations en cours mais surtout à venir, l'essentiel est de permettre aux aspirations, aux projets et aux ambitions de se concrétiser. Il ne s'agit donc pas simplement d'apporter des réponses toutes faites aux défis proposés ; mais plutôt d'initier une démarche, une manière de construire et d'organiser les conditions collectives de l'élaboration du débat public, les citoyens devenant partie prenante du processus. »

Dans le cadre de la démarche Millénaire 3, la Mission Prospective et Stratégie a établi « le Guide MILLENAIRE 3 ». Son objectif est de rendre visibles et accessibles les lieux et les acteurs qui animent la vie des idées dans l'agglomération lyonnaise. Il présente donc pour les champs des sciences, des arts, de la spiritualité, de la politique ou encore de la vie économique et sociale, les lieux et acteurs dont les initiatives ont été remarquées.

Sources : Extraits de Millénaire 3, Une agglomération compétitive et rassemblée - 21 priorités pour le 21ème siècle, Mission « Prospective et stratégie d'agglomération », Grand Lyon, 2000.

Le Guide Millénaire 3, des lieux favorisant les initiatives et la vie des idées dans l'agglomération lyonnaise, Mission « Prospective et stratégie d'agglomération », Grand Lyon, 2000.


Membres du Comité de pilotage et du Groupe de travail

[Procédure d'inscription du Site Historique de Lyon - années 1997-1998]

Comité de pilotage

- Denis TROUXE, Adjoint au Maire de Lyon délégué à la Culture et au Patrimoine, Président.

- Nicolas BORY, Ingénieur Aménagement urbain de la ville de Lyon.

- Henry CHABERT, Adjoint au Maire délégué à l'urbanisme.

- Xavier de LA GORCE, Secrétaire Général de la Ville de Lyon.

- Christian PHILIP, Premier Adjoint au Maire de Lyon.

- André SOULIER, Adjoint au Maire de Lyon délégué au Rayonnement.

- Marie-Thérèse GEOFFROY, Mairie du 5ème arrondissement.

- Sylvène BREGEAULT, Chargé de mission au Cabinet du Président du Grand Lyon.

- Jany DHERVILLEZ, Agence d'urbanisme du Grand Lyon.

- Frédéric GUILLIANI, Délégué Général au Conseil Général du Rhône.

- Chrystelle PEYRACHON, Conseil Général du Rhône.

- Bernadette ISAAC-SIBILLE, Député du Rhône.

- Joseph PAYEN, Président de la Commission de Fourvière.

- Christian LAMELOISE, Président de l'Office de Tourisme de Lyon.

- Philippe ROSSET, Directeur des Archives Départementales.

- Abraham BENGIO, Directeur Régional des Affaires Culturelles.

- Bernard GAUTHERON, DRAC Rhône-Alpes.

- Michel KNEUBUHLER, DRAC Rhône-Alpes.

- Jean-Gabriel MORTAMET, Inspecteur Général des Monuments Historiques.

Groupe de travail

- Régis Neyret, chargé de mission Patrimoine Ville de Lyon.

- Denis EYRAUD, Président de la Renaissance du Vieux Lyon.

- Didier REPELLIN, Architecte en chef des Monuments Historiques.

- Jérôme FRANCOU, Architecte du Patrimoine.

- Thierry DAHAN, Délégué général à la Culture de la Ville de Lyon.

- Simone BLAZY, Conservateur au Musée Gadagne.

- Jacques LAFARGUES, Conservateur du Musée de la Civilisation Gallo-romaine.

- Jeanne-Marie DUREAU, Conservateur des Archives Municipales.

- Pierre FRANCESCHINI, Architecte des Bâtiments de France.

- Daniel RENNOU, Architecte des Bâtiment de France.

- Michel NICOLAS, Président des Amis du Musée des Beaux-Arts.

- Henri HOURS, historien.

- Yves NEYROLLES, photographe du Site Historique de Lyon.

Source : Revue de Presse - Ville de Lyon.


Membres du Comité Technique Stratégique et de l'« Equipe Projet»

[Dispositif Mission Site Historique]

Comité Technique Stratégique.

- Xavier de LA GORCE, Directeur général des services - Ville de Lyon.

- Laurence EYMIEU, Directrice de la Communication - Ville de Lyon.

- Bernard RUIZ, Directeur général des service adjoint Ville de Lyon.

- Emmanuel AUREAU, Délégué général au développement urbain - Ville de Lyon.

- Patrick VERNAY-BECOUARN, Délégué général aux Affaires Culturelles - Ville de Lyon.

- Jérôme DECOURS, Directeur des Affaire Culturelles - Ville de Lyon.

- Dominique LEMESLE, Délégué général adjoint DAEI - Grand lyon.

- Nicole SIBEUD, DAEI - Grand Lyon.

- Patrick LUSSON, Mission Prospective et stratégie d'agglomération - Grand Lyon.

- Bruce REDOR, Directeur de l'Office du Tourisme et des congrès du Grand Lyon.

- Pierre-Yves TESSE, Directeur animation économique et aménagement CCI de Lyon.

- Robert MAURY, Directeur de l'ADERLY.

- Colette COMI, Secrétaire général de l'ADERLY.

- Régis NEYRET, Président de Patrimoine Rhônalpin.

- Simone BLAZY, Conservatrice du Musée Gadagne.

- Bruno DELAS, Mission Site Historique de Lyon.

Equipe Projet

Conduite de Projet :

- Bruno DELAS, Mission Site Historique de Lyon.

Pilotage et coordination générale du projet.

- Marie LEMONDE, Mission Site Historique, assistante.

- Patricia VORNICH, DAEI Grand Lyon.

co-maîtrise d'ouvrage.

Assistance à maîtrise d'ouvrage :

- Isabelle ROUGE, QUAM Conseil.

- François MAYSSAL, QUAM Conseil.

Expert en ingénierie culturelle :

- Véronique GRANGER, PRO-Développement.

Méthodologie et maquette de base de données :

- Odette BALANDRAUD, Université Lyon 2.

- Karin TRÖGER, Ville de Lyon.

- Yannick SAUNIER, Ville de Lyon.

Communication :

- Catherine ROLLAND, Directrice communication interne Ville de Lyon.

- Laurence VINEL, Crayon Bleu - Conception/réalisation graphique.

- Laurence EYMIEU, Directrice de la Communication - Ville de Lyon.

Source : Mission Site Historique, Les rendez-vous du patrimoine, Guide pour l'action, Ville de Lyon et Communauté urbaine, 2001


Eléments du projet d'action de la mission Site Historique

Thème 1 : Développer l'appropriation des patrimoines par la population

Trois idées maîtresses émergent :

Le besoin de s'appuyer et de donner leur place à tous les acteurs, notamment au-delà du cercle de ceux pour lesquels la valorisation et la mise à disposition du patrimoine sont une vocation naturelle,

Le sens à donner au mot « population » qui passe par les frontières de la ville et de l'agglomération et va jusqu'à la région,

L'accès à l'appropriation du site par des pratiques diversifiées ou par des approches facilitant l'identification à sa propre histoire.

Les pistes retenues sont classées par groupes d'acteurs :

Commerçants.

Donner la priorité à la logique de patrimoine.

Maîtriser les aspects visuels des rues et des places

Valoriser le shopping lyonnais.

Entreprises.

Soutenir l'action d'associations

Donner un usage « privé » mais vivant à un lieu patrimonial

Créer une fondation.

Associations

Connaître et être connu

Préparer les journées du patrimoine

Enfants, éducation, universités.

S'adresser aux enfants pendant, mais aussi hors du temps scolaire.

Thème 2 : penser la qualité urbaine et les services pour l'accueil des visiteurs

La réflexion autour de ce thème s'articule autour de deux idées principales :

un schéma directeur de prise en charge des visiteurs

un niveau de service cohérent avec les attentes des visiteurs.

Répondre à ces dernières passe d'ailleurs par un certain nombre de préalables, bien identifiés et dont certains sont en cours de traitement.

Préalables : environnement et qualité urbaine

Aménagements de commodités sur les lieux les plus fréquentés,

Aménagement signalétique et de confort, (déplacements urbains par exemple) dans certains quartiers tels que la Croix-Rousse afin de faciliter leur ouverture au tourisme,

Solutions à apporter au stationnement des autocars,

Mise en place d'une « politique propreté » et prise en compte des rythmes de vie, spécifiques au Site Historique.

Un schéma directeur de prise en charge des visiteurs

Suivre une logique de prise en charge du visiteur depuis les portes d'entrée de l'agglomération :

Satisfaire les attentes du tourisme urbain en matière d'autonomie : la découverte par la déambulation est souvent citée comme un attrait qu'il faut prendre en compte.

Optimiser la diffusion des flux : il s'agit là de répondre à la fois à une préoccupation de la population et des visiteurs, en évitant les surfréquentations et en répondant aux besoins de découverte.

Un niveau de service cohérent avec les attentes des visiteurs.

Mettre à disposition des points services

Développer une culture du dimanche (et de la période estivale)

S'adresser aux visiteurs dans leur langue.

Source : Extraits de Mission Site Historique, Les rendez-vous du patrimoine, Guide pour l'action, Ville de Lyon et Communauté urbaine, 2001


Présentation du label Villes et Pays d'Art et d'Histoire

La direction de l'architecture et du patrimoine assure depuis 1995 une politique de valorisation du patrimoine en partenariat avec les collectivités locales, initiées en 1985 par la Caisse nationale des Monuments historiques et des sites.

Le thème de patrimoine doit être évidemment entendu dans son acception la plus large. Il concerne l'ensemble du patrimoine bâti de la ville : patrimoines naturel, industriel, maritime (...). Il s'agit donc d'intégrer dans la démarche tous les éléments qui contribuent à l'identité d'une ville riche de son passé et forte de son dynamisme.

Les villes d'art et d'histoire s'engagent dans un programme d'actions dont les objectifs sont les suivants :

présenter le patrimoine dans toutes ses composantes

sensibiliser les habitants à leur environnement

accueillir le public touristique

initier le public jeune à l'architecture et à l'urbanisme

assurer la communication et la promotion du patrimoine à l'attention d'un public diversifié

mettre en oeuvre un programme grâce à un personnel qualifié agréé par le ministère de la Culture et de la Communication

développer des actions de formation à l'intention des personnels communaux, des médiateurs touristiques et sociaux, des associations.

(...) Ce réseau d'échanges, d'expériences et de savoir faire est national (...). Le programme d'action mis en oeuvre par la ville pour valoriser le patrimoine dans ses multiples composantes s'effectue avec l'appui technique, promotionnel et financier du ministère de la Culture et de la Communication.

Source : Extrait de Convention Ville - Etat, Villes et Pays d'Art et d'Histoire, Ministère de la Culture et de la Francophonie, 1995.


Cartes du Site Historique de Lyon


RESUME

Enjeux patrimoniaux entre processus de mobilisation et transformation de l'action publique locale

L'aspiration des villes à devenir de véritables acteurs politiques passe par la création d'une image et l'identification de ressources symboliques mobilisables sur la scène internationale. Le patrimoine constitue, à cet effet, un atout de plus en plus valorisé. L'invention de ce nouveau rôle pour la ville dépend de l'ensemble des acteurs locaux, et en particulier de leur capacité de mobilisation. Les actions et relations locales sont donc fondamentales.

Notre travail de recherche s'appuie sur l'inscription au patrimoine mondial du Site historique de Lyon pour interroger les modalités actuelles de mobilisation et d'élaboration d'action collective. La réalisation d'une action patrimoniale de cette envergure confronte plusieurs conceptions du patrimoine et apporte la reconnaissance d'une institution internationale. Elle constitue ainsi une opportunité de redéfinition des relations locales, des lieux d'élaboration des pratiques patrimoniales et de la répartition des ressources entre acteurs locaux. Les premiers effets et usages concrets de l'inscription montrent cependant que les transformations de l'action publique locale consistent en la légitimation et la formalisation de modes de régulations déjà existants.


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