Vincent Auriol est né en 1884 à Revel (Haute-Garonne).
Après des études de droit et de philosophie, il s'inscrit au
barreau de Toulouse ou il se spécialise dans les conflits du travail.
En 1909 il participe au lancement d'un journal, Le midi socialiste.
A partir de 1917 il est constamment réélu député
socialiste à Muret. Il se distingue à la Chambre sur les questions
financières et relatives aux réparations allemandes.
Au Congrès de Tours, où se produit la scission du parti socialiste
et la création du parti communiste, il choisit de rester à la
SFIO.
Avec le succès du front populaire de 1936 il est nommé par Léon
Blum ministre des Finances. En 1940 Auriol est l'un des 80 députés
qui refusent les pleins pouvoirs à Pétain.
Pendant la guerre, condamné à rester assigné à
résidence, il préfère entrer dans la clandestinité
puis rejoint De Gaulle à Londres.
Il est élu membre de l'assemblée consultative provisoire en
1945, participe au gouvernement de De Gaulle, puis élu député
en 1946 et désigné comme président de la première
assemblée de la IVème République.
Le 16 janvier 1947 le Congrès regroupant les deux chambres le fait
élire président de la république. Il est le premier président
de la République socialiste. Il s'appliqua à répondre
aux préoccupations des français. Il eut néanmoins une
influence importante sur l'action de l'Etat notamment en politique étrangère.
Il ne se représente pas au terme de son mandat et 1953 et se retire
de la vie politique.
René Coty est né au Havre le 20 mars 1882.
Après des études de droit il s'inscrit au barreau du Havre où
il se spécialise en droit commercial et maritime. Bien que reformé
Coty s'engage en 1914, fait toute la guerre et reçoit la croix de guerre.
Aidé par J. Siegfried député-maire de Havre, il entre
au conseil municipal de cette ville, puis à la mort ce dernier, il
prend sa place à la Chambre. Constamment réélu, il passe
ensuite au sénat en 1935. Il critique l'expérience du Front
populaire et évolue vers la droite.
Il vote en 1940 pour l'octroi des pleins pouvoirs à Pétain.
Après la guerre il est élu aux deux assemblées constituantes
et il cherche à renforcer l'exécutif et à accroître
les pouvoirs du sénat. Il travaille brièvement auprès
de R. Schuman (ministre de la reconstruction) et revient au Conseil de la
république (Ex sénat).
Le 17 décembre 1953 le Congrès se réunit pour désigner
le successeur de V. Auriol et après douze tours sans résultat
Coty soutenu par les modérés est finalement élu. Coty
doit faire face à la guerre d'Algérie et à une succession
de crises ministérielles.
Le 13 mai 1958, l'investiture de P. Pflimlin (suspecté de sympathie
avec la rébellion algérienne) provoque un putch militaire en
Algérie. R. Coty fait alors appel à De Gaulle qui est élu
président du conseil. De Gaulle fait alors voter par référendum
une nouvelle constitution qui marqua la fin de la IVème république.
Coty met alors fin à ses fonctions et se retire au Havre.
Charles De Gaulle est né à Lille le 22 novembre 1890.
Après des études à Saint-Cyr, il s'illustre pendant la
guerre de 1914-1918, notamment sous les ordres de Pétain. Il travaille
ensuite auprès de ce même Pétain au Conseil supérieur
de la Défense nationale. Il défend alors dans des ouvrages militaires
une conception de la guerre basée sur la mobilité, s'opposant
ainsi avec la politique de l'état-major.
Nommé colonel en 1937, il est affecté en Alsace, à la
tête d'une division de blindés avec laquelle il remporte des
succès militaires en 1940. Il est alors nommé général
temporaire. Le 5 juin 1940 le chef du gouvernement Reynaud le charge du sous-secrétariat
à la Guerre et à la Défense.
Avec Churchill il envisage dès cette époque la continuation
de la guerre à L'Allemagne hors de la Métropole. Quand l'armistice
est signé De Gaulle part à Londres d'où il lança
le fameux appel du 18 juin. Avec les français exilés à
Londres il rallie l'Afrique tropicale. Grâce à l'appui de la
résistance française de l'intérieur, il est pris au sérieux
par Roosevelt comme chef de la lutte armée française.
Il devient au moment du débarquement chef du gouvernement provisoire
de la République française et son retour à Paris est
un triomphe le 25 août 1944. L'assemblée constituante élue
en novembre 1945 le confirme comme chef du gouvernement provisoire. Il souhaite
la mise en place d'une république présidentielle, mais se heurte
à une forte hostilité à ce projet et il préfère
démissionner.
Lors d'un discours à Bayeux, le 16 juin 1946, De Gaulle se prononce
contre la IVème République.
Il crée en avril 1947 le Rassemblement du Peuple Français et
remporte de grands succès électoraux aux municipales de 1947
et aux législatives de 1951 mais sans pouvoir trouver une majorité
à la Chambre. Il se retire alors à Colombey-les-Deux-Eglises
où il écrit notamment ses Mémoires de guerre.
Lors des évènements de 1958, les généraux qui
déclenchèrent le putsch à Alger lancent un appel à
De Gaulle. Considéré comme le seul homme pouvant faire face
à cette crise. R. Coty le rappelle à la tête du gouvernement
et il reçoit une large majorité à la Chambre le 1er juin
1958. Dès septembre 1958 un projet de constitution est présenté
par référendum et est adopté avec 80% de oui. Il est
élu dans la foulée Président de la République
et est en janvier le premier président de la Vème République.
Avec Michel Debré pour premier ministre il s'occupe en premier lieu
du règlement de la guerre d'Algérie et de la reconnaissance
de l'indépendance de ce pays.
Il cherche à redresser l'économie (par la rigueur budgétaire,
la création du franc lourd...).
En avril 1962 Pompidou remplace Debré comme premier ministre. De Gaulle
qui désirait renforcer l'autorité présidentielle fait
voter par référendum une reforme constitutionnelle promulguant
l'élection du président de la république au suffrage
universel. Son action fut constamment guidée par le souci de rendre
à la France son rang de grande puissance internationale.
Il chercha à moderniser le pays en profitant de l'expansion économique.
Au niveau de la politique étrangère, De Gaulle contribua à
un rapprochement avec la Chine et l'URSS, empêcha l'adhésion
de la Grande-Bretagne à la CEE, conclut des accords de coopération
avec l'Allemagne. Il fait par ailleurs retirer la France de l'Alliance Atlantique.
Il se fait réélire aux élections présidentielles
de 1965, mais n'obtient que 55% des voix face au socialiste Mitterrand au
second tour.
Lors de la crise de mai 68, De Gaulle a envie de se retirer, mais la grande
victoire de la droite aux élections de 1968 (qui suivit la dissolution
de l'Assemblée nationale) le rassure.
L'année suivante le 27 avril 1969, il propose un référendum
sur la régionalisation de la France qui est repoussé par 53,2%
des suffrages.
Il démissionne alors et se retire de la vie politique à Colombey-les-Deux-Eglises.
Georges Pompidou est né à Montboudif (Cantal). Etudiant
à Normale supérieure, il est reçu premier à l'agrégation
de Lettres en 1935. Il est promu alors professeur de lycée à
Marseille puis à Versailles.
Pendant l'occupation il occupe cette profession sans prendre part à
la résistance. A la libération un ami le fait rentrer dans le
cabinet de De Gaulle, chargé des questions de l'information et de l'éducation.
Il devient ensuite auditeur au Conseil d'Etat, secrétaire général
de la Fondation Anne de Gaulle (avril 1946), puis chef du cabinet de De Gaulle
(avril 1948).
En 1953 alors que De Gaulle s'est retiré de la vie politique il rentre
à la banque Rothchild. Il reprend le titre de directeur de cabinet
de De Gaulle au retour politique de celui-ci en 1958. Il est alors nommé
ministre des Finances par De Gaulle et il entrera en contact avec le Gouvernement
Provisoire de la République Algérienne pour préparer
les négociations qui mettront fin à la guerre d'Algérie.
En 1962 Pompidou devient premier ministre de De Gaulle et occupe ce poste
jusqu'en 1968.
Il s'efforce de moderniser l'économie et de stabiliser le franc. Il
doit faire face à la crise de mai 68, où il tente de jouer l'apaisement.
Les négociations avec le patronat et les syndicats mèneront
aux accords de Grenelle (26 mai) qui portent sur les salaires, les conditions
de travail et la liberté d'expression dans l'entreprise.
Après la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 1968 à
la suite de ces événements, la droite remporte les élections
mais De Gaulle choisit Couve de Murville comme Premier Ministre. Après
la démission de De Gaulle Pomdidou est candidat aux élections
présidentielles avec le soutien des gaullistes et des républicains
indépendants. Il l'emporte facilement contre Alain Poher au second
tour. Jacques Chaban-Delmas est nommé Premier ministre.
Durant son mandat il prend une part active à la politique intérieure
(modernisation industrielle, développement culturel, programme énergétique)
et extérieure (arrivée de la Grande-Bretagne dans la CEE). Chaban-Delmas
démissionne en 1972 et est remplacé par Pierre Messmer. Atteint
par une maladie incurable, Pomdidou décède en 1974 pendant son
mandat.
Valéry Giscard d'Estaing est né le 2 février
1926 à Coblence en Allemagne.
Après des études brillantes ( polytechnique, ENA) entrecoupées
d'un engagement aux campagnes d'Alsace et dýAllemagne (il eut la croix de
guerre), il devient inspecteur des finances. En 1954 il entre au cabinet d'Edgar
Faure, alors ministre des Finances où il devient directeur adjoint.
Il suit ce dernier quand il est élu Président du Conseil. Giscard
est ensuite élu député le décembre 1955 dans la
deuxième circonscription du Puy-de-Dôme et s'inscrit à
l'Assemblée nationale dans le groupe d'Antoine Pinay (droite modérée).
En juin 1958 il vote pour l'investiture du gouvernement De Gaulle.
Le 9 janvier 1959 il devient le plus jeune membre du gouvernement de De Gaulle
à 32 ans comme secrétaire dýEtat au Budget. Le 19 janvier 1962
Debré le nomme ministre des Finances fonction qu'il conserve jusqu'en
1966.
Il retourne à l'inspection des finances tout en gardant des liens étroits
avec la vie politique. Réélu député en 1967 il
prend la tête du groupe des Indépendants à l'Assemblée
nationale et est élu à la présidence de la commission
des Finances.
En 1969, lors du référendum sur la régionalisation Giscard
prend position contre De Gaulle. Après la démission de ce dernier,
Giscard fait campagne pour Pompidou avec l'assurance de retrouver sa fonction
de ministre des Finances. Un proche de Pompidou, Jacques Chirac deviendra
secrétaire d'Etat au Budget. Giscard orchestre alors la dévaluation
du franc (août 1969) et lance lýemprunt Giscard.
A la mort de Pompidou il se porte candidat contre Mitterrand à l'élection
présidentielle. Il l'emporte avec 50,81% des suffrages exprimés.
J.Chirac est nommé premier ministre.
Quelques réformes marques seront appliquées: droit de vote à
18 ans, légalisation de l'I.V.G., réforme de l'ORTF...
Le gouvernement doit faire face à la croissance du nombre de chômeurs
(1 million en 1975) et à des conflits politiques. Chirac démissionne
en août 1976 et est remplacé par R.Barre. Ce dernier se consacrera
aux problèmes économiques tandis que Giscard s'occupera des
affaires extérieures, notamment du rapprochement avec l'Afrique et
des problèmes communautaires.
Affaibli notamment par l'affaire des cadeaux que l'ancien empereur de Centrafrique
lui avait offerts ("les diamants de Bokassa"), Giscard est battu aux élections
présidentielles par François Mitterrand en 1981. .
François Mitterrand est né le 26 octobre 1916 à
Jarnac (Charente) .
Il est militant à la Jeunesse Etudiante Chrétienne, puis aux
Volontaires Nationaux (mouvement de jeunesse des Croix de Feu, ligue nationaliste).
Il fait des études de droit et de sciences politiques et devient titulaire
d'un diplôme d'étude supérieure de droit public.
Blessé en 1940, prisonnier, il s'évade en décembre 1941
et rejoint Vichy où il travaille notamment pour le commissariat général
aux prisonniers. Il s'engage dans la Résistance lors de l'entrée
des allemands dans la zone libre.
En 1945 il adhère à l'Union Démocratique et Socialiste
de la Résistance, groupement organisé par différentes
organisations de la Résistance.
Il est élu député de la Nièvre en 1946 sur un
programme modéré. En janvier 1947 il est nommé ministre
des anciens combattants dans le cabinet de Paul Ramadier, puis obtient ministre
de la France d'Outre-mer.
En 1951 il prend le contrôle de l'UDSR. Nommé ministre de l'Intérieur
dans le gouvernement de Mendes France il cherche à faire évoluer
le statut des musulmans. Mais lors des débuts de l'insurrection algérienne
il se déclare favorable à l'Algérie française.
En 1956 il devient Garde des Sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet et
il défend une attitude de conciliation en Algérie. Le retour
de De Gaulle en 1958 marque la fin de l'UDSR et la défaite aux législatives.
Mitterrand entre au sénat en 1959 et devient maire de Château-Chinon.
En 1965 il se porta candidat de la gauche contre De Gaulle et perdit avec
44,8% des suffrages exprimés au second tour. En 1971 il est élu
secrétaire général du parti socialiste au congrès
d'Epinay et signe dans la foulée le programme commun de gouvernement
avec le P.C.F. et les radicaux de gauche (juin 1972). Aux élections
présidentielles de 1974, Mitterrand est battu au second avec 49,19
% des voix par Giscard.
Après cette défaite les communistes brisent l'Union de la gauche.
C'est sans leur soutien que Mitterrand se présente en 1981 contre Giscard
(avec comme le slogan "la force tranquille") et se fait élire avec
52,22% des suffrages exprimés. Pierre Mauroy est nommé premier
ministre et les élections législatives qui suivent le 14 et
21 juin 1981 permettent aux socialistes de s'assurer la majorité absolue.
Quatre communistes font leur entrée dans le gouvernement de Mauroy.
D'importantes réformes sont appliquées comme l'abolition de
la peine de mort, le programme de nationalisation, la création de l'impôt
sur les grandes fortunes, la loi de décentralisation, la retraite à
60 ans...
La politique de relance de l'économie par la consommation, dans un
contexte de récession internationale n'a cependant pas les effets escomptés
et ne fait pas diminuer le chômage, tout en isolant la France de ses
partenaires européens. Ceci marqua un tournant dans le premier septennat
de Mitterrand qui remplace au poste de premier ministre Mauroy par Laurent
Fabius (mars 1983) et passa à une politique de rigueur.
La défaite aux législatives de 1986 avec la nomination de Chirac
au poste de premier ministre inaugure une première période de
cohabitation. La politique économique très libérale (programme
de privatisation notamment) de Chirac contribue à redorer l'image de
Mitterrand et divise la droite.
Le 8 mai 1988 Mitterrand est réélu face à Chirac au second
tour (54,01% des voix). La dissolution de l'Assemblée nationale permet
au PS de gagner une majorité relative aux élections législatives.
Michel Rocard, qui n'a jamais été un proche de Mitterrand, est
nommé premier ministre.
Quelques réalisations importantes sont à relever comme l'instauration
du RMI, la Contribution Sociale Généralisée...
En mai 1991 Edith Cresson remplace Rocard au poste de premier ministre. Très
mal reçue par l'opinion, sans autorité sur le gouvernement elle
est à son tour remplacée par Pierre Bérégovoy
en avril 1992. Sa nomination n'empêcha pas la droite de remporter les
élections législatives de mars 1993.
Edouard Balladur, proche de J.Chirac et ancien ministre de l'économie
prend alors le poste de premier ministre. Les deux dernières années
du second mandat de Mitterrand sont marquées par des scandales financiers,
le suicide de Bérégovoy et par des révélations
sur son passé de Vichy. Il se déclare par ailleurs atteint d'un
cancer en 1993.