Louis-Napoléon Bonaparte est né en 1808. C'est
le neveu et l'héritier de Napoléon 1er.
Il tente à deux reprises de renverser le pouvoir en 1836 et
1840, ce qui le conduit à l'exil. La révolution de 1848
et l'avènement de la République l'autorise à
regagner la France. Il se présente à l'élection
de la Présidence de la République du 10 janvier 1848
et est élu avec 5 400 000 voix contre Cavaignac ( 1 500 000
voix).
Son règne se caractérise par son autoritarisme et par
l'élimination de ses principaux opposants (démocrates
comme conservateurs). Il est à l'origine d'une nouvelle constitution
qui maintient nominalement la République mais qui renforce
considérablement les prérogatives du président.
Les 21 et 22 novembre 1852 il organise un plébiscite qui va
rétablir l'Empire.
Louis Adolphe Thiers est né à Marseille le
15 avril 1797, licencié en droit, il commence sa carrière
politique dans l'opposition à Charles X. Il est élu
député d'Aix-en-Provence en août 1848 puis occupe
plusieurs postes ministériels.
Il est deux fois président du conseil en 1836 et 1840 où
il défend une politique en opposition avec le roi. Réélu
député après la révolution en 1848, il
soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, puis s'en
écarte par la suite. A partir de 1869 il s'oppose fermement
à la politique de Napoléon III.
En 1871, après la défaite de Sedan contre l'Allemagne,
il est élu chef du pouvoir exécutif de la République
Française et est de ce fait à la fois chef de l'Etat
et du gouvernement. C'est lui qui impose la ratification du traité
de Francfort qui permet le rattachement à l'Allemagne de l'Alsace
et de la Lorraine. Après une période de violence (insurrection
et répression de la Commune en mai 1871), Thiers obtient par
la majorité conservatrice de l'Assemblée nationale le
titre de président de la République le 31 août
1871. En 1873, la droite qui lui reproche de pérenniser la
République le contraint à démissionner de ses
fonctions (24 mai 1973). Il finit sa carrière politique comme
opposant aux monarchistes au sein de l'Assemblée.
Mac-Mahon est né le 13 juillet 1808 dans une famille
d'origine irlandaise. Après diverses campagnes à l'étranger
il est nommé gouverneur général de l'Algérie.
Après la défaite de Sedan il organise la répression
contre la Commune de Paris.
Il se fait élire Président de la République lorsque
Thiers démissionne ; sa présidence est symbolisée
par le thème de l'ordre moral. En 1875 il fait voter des lois
constitutionnelles qui instaurent pour sept ans à la majorité
absolue des élus le Président de la République.
Les élections de 1876 et de 1879 qui se caractérisent
par la victoire des républicains provoquent la démission
de Mac-Mahon en 1879.
Jules Grévy est né dans le Jura dans une famille
bourgeoise. Après des études de droit, il plaide pour
les opposants aux monarchistes. Sous la République de 1848
il est élu député du Jura et participe aux préparatifs
de la constitution.
En 1876 il devient Président de l'Assemblée nationale
et il est élu Président de la République le 30
janvier 1879 après la démission de Mac-Mahon. Son élection
scelle définitivement la République. Il aura une influence
limitée sur le gouvernement et se montrera toujours très
discret dans ses fonctions. Il est réélu en 1885 mais
se trouve impliqué par le scandale des trafics d'influence
et de décorations orchestré par son gendre D.Wilson.
Il démissionne le 2 décembre 1887.
Marie-François Sadi Carnot est né le 11 août
1837 à Linange. Fils de Lazard Carnot, lui-même homme
politique de gauche, ancien ministre et député, Sadi-Carnot
est ancien élève de Polytechnique et de l'école
des Ponts et Chaussées.
Il est nommé préfet de la Loire inférieure par
le gouvernement provisoire en 1871 puis il est élu député
de la Cote d'Or. Il devient sous-secrétaire d'Etat puis ministre
des Travaux Publics (1880), ministre du Commerce, puis des Finances
(1885). Elu Président de la République après
la démission de J.Grevy le 3 décembre 1887, il cherche
à donner une image forte de la France et de la République.
Il est assassiné par un anarchiste italien à Lyon le
25 juin 1894.
Jean Casimir-Perier est né le 8 novembre 1847 à
Paris dans une famille de notables dauphinois. Son grand-père
fut premier ministre de Louis-Philippe et son père député
et ministre. Jean Casimir-Perier se distingue dans la guerre de 1870.
Il travaille dans le cabinet de son père, nommé ministre
de l'intérieur sous la présidence de Thiers.
Elu député de l'Aube en 1876, il devient sous-secrétaire
d'Etat à l'instruction publique, puis sous-secrétaire
d'Etat à la guerre. Il est Président de la chambre des
députés en janvier 1893, Président du conseil
de décembre 1893 à mai 1894 puis redevient Président
de la Chambre.
Après l'assassinat de Sadi Carnot il apparaît comme l'homme
qu'il faut pour occuper les fonctions de Président de la République
et pour rassurer l'opinion. Il est élu à 47 ans le 27
juin 1894 au premier tour.
Il fut par la suite durement critiqué par les socialistes et
la presse populaire, ce qu'il supporta mal. Il préfère
démissionner et se retirer de la vie politique.
Félix Faure est né le 30 janvier 1841 à
Paris dans une famille d'artisans.
Après avoir commencé sa vie professionnelle comme ouvrier,
il la poursuivit dans le commerce. Il commence sa carrière
politique en 1881 année où il est élu député.
Régulièrement réélu il occupe par la suite
plusieurs postes ministériels. Il est élu Président
de la République le 17 janvier 1895 avec les voix des républicains
modérés et des monarchistes. Sa politique favorisa l'expansion
coloniale avec l'annexion de Madagascar.
Il a joué un rôle important dans l'affaire Dreyfus en
s'opposant à la révision du jugement.
Il meurt d'une hémorragie cérébrale le 16 février
1899.
Emile François Loubet est né le 31 décembre
1838 à Marsanne (Drôme) dans une famille d'agriculteurs.
Maire de Montélimar depuis 1870 il est élu député
en 1876, puis sénateur en 1885. Il occupe plusieurs postes
ministériels puis est élu Président du sénat
en 1896. Après la mort de Félix Faure, soutenu par la
gauche et les modérés, il est élu Président
de la République le 18 février 1899. Il prend position
pour la révision du procès Dreyfus et accepte de le
gracier. Il est durement critiqué par les nationalistes qui
organisent de nombreuses manifestations. Il a néanmoins une
présidence discrète, laissant gouverner Emiles Combes
et Waldeck-Rousseau.
Il se retire à Montélimar dès la fin son mandat
en 1906.
Armand Clément Fallières, fils d'un greffier
de justice de paix est né le 6 novembre 1841 à Mézin
(Lot et Garonne). Il fait des études de droit et s'inscrit
au barreau de Nérac. Il est élu député
en 1876, devient sous-secrétaire d'Etat en 1881 et occupe ensuite
plusieurs postes ministériels. En 1890 il est élu sénateur
et occupe le poste de Président du sénat à partir
de 1899. Candidat de la gauche aux présidentielles de 1906,
il est élu au premier tour le 17 janvier.
Il conduisit une politique de "laïcisation" et chercha à
se montrer proche des Français.
Il contribua à renforcer l'armée française à
l'approche de la guerre tout en essayant de jouer un rôle de
conciliateur.
Il quitte la vie politique à la fin de son mandat.
Raymond Poincaré est le né le 20 août 1860
à Bar-le-Duc, en Lorraine. Après des études de droit
et de lettres il devient clerc d'avoué.
En 1886 il est engagé dans le cabinet de Jules Develle au ministère
de l'Agriculture. Il est élu par la suite député
de Commercy et se spécialise sur les questions financières.
Il est nommé ministre de l'Instruction Publique (1893), puis
des Finances (1894) et de nouveau de l'Instruction Publique.
Après quelques années passées en retrait de la vie politique,
il est élu sénateur en 1903. En 1912, le Président
de la République Fallières, inquiet d'une instabilité
parlementaire qui affaiblissait la France au moment de la guerre lui
demande de former un gouvernement durable avec des hommes représentatifs
des principales tendances de la Chambre. Il se réserve dans
ce gouvernement les Affaires Etrangères et en profite pour
renforcer les liens de la France avec ses alliés anglais et
russe.
Il est élu Président de la République le 17 janvier
1913 avec les voix des modérés et de la droite. Pendant
la guerre son action est largement effacée et le Président
du Conseil, Georges Clémenceau dirigea le pays sans consulter
Poincaré. Ce dernier n'a eu en effet aucune influence ni sur
les opérations militaires ni sur le traité de paix.
Il termine sa vie politique comme sénateur en juillet 1929.
Paul Deschanel est né le 13 février 1855 à
Schaerbeek-les-Bruxelles, ville où son père était
exilé après le coup d'Etat du 2 décembre 1851.
De retour en France il passe une licence de lettre et se mêla
à la vie politique de la capitale.
Avec la République il fit carrière comme préfet.
A partir de 1885 il est constamment réélu député
d'Eure-et-Loire.
Il n'adhéra jamais à aucun groupe dans la Chambre des
députés mais ses positions de républicain modéré,
conservateur, en fait le candidat idéal de la majorité
"Bleu horizon" des élections de 1919, hostile à Clémenceau.
Il est élu Président de la République le 17 janvier
1920. Mais de graves troubles psychologiques le font démissionner
le 21 septembre 1920.
Alexandre Millerand est né le 10 février 1859
à Paris dans une famille de commerçants. Il fait une
carrière d'avocat au barreau de Paris comme spécialiste
des questions de droit du travail. Il est élu député
de Paris en 1885 sous l'étiquette radical-socialiste.
Il fut nommé ministre du Commerce en 1899 par Waldeck-Rouseau ce qui
entraîne une polémique car il côtoye au gouvernement un
homme comme Gallifet qui avait réprimé les Communards. Millerand
est alors exclu de la fédération socialiste en 1904 et il s'écartera
par la suite de l'extrême-gauche.
Motivé par les questions de défense du pays, il contribue
à rallonger la durée du service militaire et est deux
fois ministre de la Guerre (janvier 1912-janvier1913 et août
1914-octobre 1915). Il est nommé commissaire général
de la République en 1919 avec pour mission de réintégrer
l'Alsace-Lorraine dans le territoire français.
En novembre 1919, il est élu député du Bloc national
républicain qui regroupe les principales composantes de la
droite. Il devient dans la foulée ministre des affaires étrangères.
Le 22 décembre 1920, il succède à Paul Deschanel
comme Président de la République (élu au premier
tour).
Ayant une conception large de ses compétences, ses relations
furent difficiles avec les présidents du conseil, particulièrement
A.Briand et R.Poincaré. Le triomphe du "cartel des gauches"
aux élections législatives de mai 1924, alors que Millerand
a pris parti pour le "Bloc national" le pousse à démissionner
le 11 juin 1924.
Il est par la suite élu sénateur de la Seine en 1925.
Gaston Doumergue est né le 1er août 1863 à
Aigues-Vives (Gard) d'une famille de cultivateur. Il fait des études
de droit à Paris et s'inscrit en 1885 au barreau de Nimes.
Il devient député du Gard en 1893 et se joint au groupe
Radical.
Spécialiste des questions coloniales, il est nommé ministre
des Colonies par E.Combes (1902/1905). Il occupe ensuite les fonctions
de ministre du Commerce, de l'Industrie et du Travail (1906/1909),
puis ministre de l'Instruction Publique (1909.1910). Il devient sénateur
du Gard avant de devenir en 1913 Président du Conseil, à
la tête d'un gouvernement d'entente républicaine dans
lequel il détient le portefeuille des Affaires Etrangères.
Il occupe ce portefeuille au début de la guerre (après
une brève démission) avant de le troquer pour celui
des Colonies (1915/1917). En 1923, il est nommé Président
du sénat.
Pour succéder à Millerand qui vient de démissionner
après la victoire du "cartel des gauches" en 1924, la droite
et le centre vont soutenir Doumergue contre le candidat de la gauche.
Il l'emporte au premier tour (515 voix sur 860). Allié avec
R.Poincaré il est partisan d'une politique de fermeté
vis-à-vis de l'Allemagne et cherche à renforcer le potentiel
militaire de la France.
G.Doumergue se retire en province, à la fin de son mandat (juin
1931). Rappelé par A.Lebrun pour former un gouvernement de
trève, d'apaisement et de justice après les émeutes
de février 1934, son retour est néanmoins un échec
et il démissionne en novembre 1934.
Paul Doumer est né le 22 mars 1857 à Aurillac
d'une famille modeste.
Etudiant en mathématique et en droit, il commence sa vie professionnelle
comme professeur de mathématique. Participant à des
journaux radicaux, il est ensuite élu au conseil municipal
de Saint-Quentin en 1883, puis député de Laon en 1888.
Spécialiste des questions budgétaires à la Chambre,
il devient ministre des Finances (1895-96).
Il occupe par la suite les fonctions de gouverneur général
de l'Indochine de 1897 à 1902, puis, revenu en France, il est
Président de la Chambre en 1905. En 1912, il est élu
sénateur de Corse, et de 1927 à 1931 il préside
le Sénat. En 1931, soutenu par la droite, il est élu
Président de la République contre Aristide Briand, le
13 mai. Il doit alors faire face à la crise économique
qui s'aggrave et à de nombreuses crises politiques.
Le 6 mai 1932, il est assassiné par un déséquilibré.
Albert Lebrun est né le 20 août 1871 à Mercy-le-Haut
(Meurthe et Moselle) dans une famille de cultivateurs. Après des études
à Polytechnique puis l'école des Mines il devient ingénieur
du corps des Mines.
Il est élu en 1900 député de Briey sous l'étiquette
républicain de gauche. Vice-Président de la Chambre
des députés en 1913, il occupe par la suite le ministère
des Colonies. Après un bref intermède comme commandant
d'artillerie de réserve, il est rappelé à la
Chambre (1915) pour occuper en 1917 le portefeuille des régions
libérées (1917/1919). Il est ensuite élu sénateur
en 1920, puis Président du Sénat en 1931.
Il est élu Président de la République le 10 mai
1932 sans opposant à la suite de l'assassinat de P.Doumer afin
de donner à cette élection une impression d'unité
nationale. Il sera un Président discret, sa seule initiative
marquante étant le rappel de G.Doumergue comme chef du gouvernement
en 1934. A la fin de son premier mandat et après des hésitations
il se représente contre l'opposition. Il est réélu
au premier tour.
En 1940 pendant la débâcle, bien qu'il souhaite continuer
la lutte en Afrique du Nord, il fait appel au Maréchal Pétain.
Il ne s'oppose pas à la révision constitutionnelle prônée
par Laval. Pétain obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet
1940 et l'art 2 de la loi du 25 février 1875 relatif au Président
de la République est abrogée. Lebrun doit alors se retirer.
A la fin de la guerre Lebrun qui n'avait pourtant pas démissionné
ne retrouvera pas ses fonctions comme il l'avait espéré.